X INTRODUCTION
firent à Charles une famille irrégulière de seize bâtards. Il a esquissé nettement, n'ayant pas le loisir de les peindre, la figure de Kochestcr, de Buckingham et des autres principaux personnages de la Cour. L'histoire déchoit beaucoup, quand elle n'est plus celle des hommes, mais celle des femmes. Malheureusement celle de ce roi de sérail, que la familiarité cynique de ses intimes avait baptisé du sobriquet de Rowley, par allusion à un vieux bouc élevé dans les jardins de White-Hall, n'est pas autre chose qu'un tissu d'intrigues subalternes, de folles prodigalités, de fêtes ruineuses et théâtrales insultant au deuil public, d'exemples scandaleux outrageant la publique pudeur. Dans Charles, l'homme est peu de chose, et le roi n'est rien. Il eût mieux aimé abdiquer que d'être obligé de gouverner. Il ne s'en donna pas la peine, et tout alla à la dérive sous le sceptre tombé en quenouille de ce mélancolique débauché, qui n'eut pas même la force des passions, que le vice usa prématurément, et que la Révolution laissa mourir dans son lit\ réservant pour le successeur de ce prince stérile le privilège d'une haine assez mêlée de mépris pour qu'elle lui épargnât le sort de Charles I'-'''. C'est dans l'exil que devait finir une dynastie tombée en décadence au sein du pouvoir même, et qui, dans la personne de ses deux derniers représentants, sembla à ses ennemis mêmes indigne de l 'échafaud.
I. Charles II, frappé d'apoplexie, expira le 6 février i685, âgé de cinquante-cinq ans, après en avo:r répné vingt-cinq.