‹ Mémoires du chevalier de GrammontChapitre 10 sur 54 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

presque entièrem^t à Saint-Germain ; de longues promenades dans la forèt^ Tétude, la société de quelques personnes spiri» tuelles charmaient ses loisirs. Il voyait surtout le duc de Berwick (fils de Jacques II) ; la duchesse était la nièce de la belle Stewart, qui occupe tant de place dans les Mémoires. Elle avait trois sœurs, Charlotte, veuve de lord Glare (tué à la bataille de la Boyne), Henriette et Laure. C'est à ces deux dernières qu'Hamilton adressa la plupart de ses vers ; ce sont le» demoiselles B. (Bulkely),

Il paraît avoir été épris d'Henriette, mais elle n'avait point de fortune ; lui-même était dans une position fort embarrassée; la chute de son maître lui avait enlevé tous ses emplois, tous ses revenus. Un mariage était donc impossible, parce 4u'il y avait un rang à soutenir; on resta dans le célibat.

Après avoir écrit les Mémoires de Grammont, Hamilton se livra à d'autres travaux : il traduisit en français Y Essai sur la critique de Pope^ et cette traduction fut communiquée à l'auteur aurais qui, s'en montrant fort satisfait, adressa à Hamilton une lettre flatteuse ^ Ce travail n'a point été publié en totalité, un court extrait seul a vu le jour.

Le règne de Louis XIV était terminé ; d'autres personnage» occupaient la scène; d'autres idées prévalurent; Hamilton, devenu vieux, avait vu s'éteindre autour de lui une portion de la société de Saint-Germain ; Berwick, devenu maréchal, était à Versailles, ou commandait des armées ; il restait encore cependant auprès du beau-frère de Grammont quelques personnes aimables ; sa nièce, la comtesse de Stafford (au nom de laquelle il entretint une correspondance ingénieuse avec lady Marie Wortley Montagne), occupait une grande partie de son temps. Le tour de son esprit devint de plus en plus grave; il eut le tact de cesser à propos d'être jeune, et à soixante-dix ans il composa sur Vusage de la vie dans la vieillesse^ des réflexions très-dignes d'être lues. Il mourut à Saint-Germain en 4720^ âgé de soixante-quatorze ans, et dans de sincères sentiments de piété. Ses divers écrits, ses contes de fées pleins de grâce et de saillies heureuses, ne doivent point nous

1 . Elle se i^ouTe dans les diverses éditions des OEuvre$ de Pope , et no» tamisent, t. V, p. 220 de celle de Dublin; ITTS, 8 vol.

INTRODUCTION. XYir

occuper ici. On prétend qu'Hamilton, si gai la plume à la main» était au fond d'une humeur morose et caustique : il médisait de Tespèce humaine.

Et même d'un peu mieux, dît-on,

à ce qu'affirme Voltaire , dont le témoignage ne doit, en pareit cas, être accepté que sous toutes réserves. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'après Voltaire, Hamilton, un étranger^ est peut-être le type le plus vrai de l'esprit français; c'est là une singularité qu'il faut signaler *.

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