XX INTRODUCTION
conseil pouvaient à peine retenir leurs rires devant ses remarques frivoles et son impatience enfantine. Ni la reconnais* sance ni la rancune ne participaient à la direction de sa conduite, car il n'y eut jamais d'eâprit sur lequel les services et les injures laissassent d'aussi faibles et d'aussi passagères impressions. Il désirait simplement ôtre roi à la façon dont Louis XY le fut plus tard en France, roi pouvant puiser sans limites dans le trésor pour satisfaire ses goûts particuliers, pouvant payer par des richesses et des honneurs les personne» capables de l'aider à tuer le temps; pouvant encore , même dans le cas ot TËtat serait arrivé, par suite d'une mauvaise administration, au dernier degré d'humiliation et à l'extrême limite de la ruine, exclure du seuil de son sérail la vérité déplaisante et se refuser à voir ou à entendre tout ce qui pourrait troubler son voluptueux repos. C'est dans ce seul but qu'il désirait obtenir le pouvoir arbitraire, si cela lui était possible* sans périls et sans troubles. Sa conscience n'était pas du tout intéressée dans les disputes religieuses qui divisaient ses sujets protestants; car ses opinions flottaient dans une sorte de terme moyen 'sceptique où il se complaisait, entre l'incrédulité et le papisme. »
M. Macaulay esquisse en quelques traits bien accentués la flgure du successeur de Charles :
f Le duc d'York , libertin mais diligent, méthodique, ami des affaires, se plaisant à exercer l'autorité. Son intelligence était très-lente et très-étroite; son caractère obstiné, dur et vindicatif. »
Bussy-Rabutin, dans son Histoire amoureuêe des Gaules, a dessiné^ de son côté, le portrait de Charles II :
a II avoit de grands yeux noirs, les sourcils fort épais et qui se joignoient , le teint brun , le nez bien fait, la forme du visage longue, les cheveux noirs et frisés ; il étoit grand et avoit la taille belle. Il avoit l'abord frdd, et cependant il étoit doux et civil dans la bonne plus que dans la mauvaise fortune ; il étoit brave^ c'est-à-dire qu'il avoit le courage d'un soldat et l'âme d'un prince; il avoit de l'esprit, il aimoît ses plaisirs, mais il aimoit encore plus sou devoir; enfin il étoit un des plus grands rois du monde. »
Ce dernier trait est fort loin d'être exact; on a dit avec