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plus de raison, que Charles aurait pu être un grand roi s'il I avait voulu, et que son frère Favait voulu, mais ne l'avait pu.
A répoque où Charles était en France, il vit la belle du* ehesse de Châtillon^ si célèbre à Tépoque de la minorité de Louis XIV ; il la trouva fort à son gré et voulut l'épouser» Un des seigneurs de sa suite, Graf , passait pour avoir un grand empire sur lui; d'après Bussy, la duchesse, peu scru* puleuse, comme chacun sait, avait promis « à ce milord de lui donner les dernières faveurs s'il oontribuoit à la faire reine; » la chose n'eut cependant pas lieu.
Il fut ensuite question d'un mariage avec Mademois^ Ae, la cousine de Louis XIY, et, une fois qu'il lut remonté ^ur le trône, Charles refusa une des nièces de Mazarin, Hx^tense Mancini^ quoique cette proposition fût appuyée d'une offre bien tentante, celle de cinq millions.
John Sbeffîeld, comte de Margrave, qui connaissait parfaitement le monarque dont il est ici question, a écrit sur son^ compte quelques pages très-vraies:
« Charles II aimait avant tout une vie oisive et facile.... Il apportait dans ses plaisirs plus de laisser-aller, d'abandon et de faiblesse que d'entraînement fougueux et passionné. Vera la fin de sa vie, la paresse avait autant de part que l'amour dans les heures nombreuses qu'il passait auprès de ses maîtresses. Après tout , elles ne lui servaient guère qu'à remplir son sérail, tandis qu'un plaisir attrayant par-dessus tout, la flânerie [sauntering) et celui de dire à tort et à travers tout ce qui lui venait dans l'esprit sans se gêner en rien , lui tenait lieu en définitive de sultane favorite. »
Un judicieux critique français, M. Forgues, a réc^oiment inséré dans la Revue des Deux-Mondes une étude sur Rochester, à laquelle nous ferons quelques emprunts, et qui contient un tableau animé de la cour de Charles II. On y voit signalée» la « prodigalité folle du roi envers ses maîtresses, compliquée d'un singulier retour d'avarice qui le faisait se dépiter quand il les voyait perdre au jeu quelques parcelles de l'or qu'il venait de leur prodiguer *; son absence de délicatesse moyen»
i . « Saigné à blane par dei faTorites acides, Charles II n'eat pas toujours de quoi payer un écot de tareme ; iMl faut en croire les batardagei du temps^
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nant laquelle il acceptait Wute sorte de rivauï et ne a'inquiéait guère s'ils lui élaient préférés ou non; sa dissimuUtioa rÈs-habitu'elle et très-adroite, qui ne l'empêchait pas if être acilemenl dupe et de garder fort peu de rancune à ceus qui 'avaient joué. Une semaine d'absence suffisait pouf lui faire lublier complètement les personnes auxquelles il ne pouvait m face refuser quoi que ce soit. 11 avait une telle aversion lour toute formalité, qu'avec plus d'esprit qu'on n'en possède D général et un aspect majestueux, il ne put jamais, de proies prémédité, jouer, soit au parlement, soit au conseil, erAled'unroi. >
Il n'est guère de règne sous lequd les femmes aient joué un )lus grand rôle. Celles des maîtresses de Charles qui occupfrent leplus la cour et la ville furent madame Palmer, qu'il éleva lu rang de comtesse de Casflemaine et de duchesse de Cleveand,etmademoiselleStewart, qui devint, malgré lui, duchesse leRichmond', et dont il fut un moment épris au point desonger i divorcer afin de la faire asseoir sur le trdne. Nous aurons 'occasion de reparler de ces altières rivales. Une belle Breonne, à laquelle il donna le titre de duchesse de Porlsmouth, lit l'instrument de la politique de Louis XIV et exerça sur
L CD fDl iln>i BD loir oA, aprèt [> comidi« , IL «mmena bouper N«ll Goya |ui Df coDnaiuail pu l'étcadiM de U csonqutte qu'elle TCDÙt de bire et qni le
On jouait d'ailleun à While-Hill tout luisi gros jfu qu'à Ssinl-Gennaiii i :ti>rle3 ilperdalUp une seule soirée ISOOliTrei Bterllcgcliei lady Cattlcmaine
lentes de sa garde-robe.
Kllemiu Stevarl dantilealquiitioniisi, et qui épouia le duc de KtchmDDd:
::eniioi, duode Hiobmond; 3= Mari Villieri, sœur du ducde BucïiLghsiu qol îeiint en lecDademoceaU lemme de ce Tbomai Bovard dont il eil pulé lu* DOS Uimoirtl à l'occaiioD d« ladj Sbrewabury. Cette tœar du due de luckiDgbam Était apiriluelle, inlfigaole , el, encouragée p»r 1» faveur doDI ouissiit son frère, elle louldt uToir un peu d'inQuence diui les aifairei de 'Ëtil. Elle erul; réunir en donnant nneriiale à lidueheneda Forlamouth ; ille jeledansee bnt leifeuiiur Due dM cinq Gllea d'un barounet ealholique
leltejeanepersonne, d'une grande beiult , éliil ainai deTenue par allianee a nièce de la ducheue de Ricbmond.
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lui un grand empire^ mais eile ne parut qu'à une époque où le récit de Hamilton a cessé ^
Une des maîtresses de Charles offre de grands rapports avec la femme qui s'empara des dernières années de Louis XY ^ avec madame du Barry.
La calme et gracieuse figure de madeffloitelle Lawion, reproduite par le pin» ceau de Wlssing, fait partie de la Beauty Boom i Windsor.
i . Louise de Kéroalles , fille d^honneur de la duchesse d*0rlëtns, fut introduite par Louis XI Y auprès de Charles afin de le rattacher aux intérêts de la France. Le graud roi faisait là on vilain métier. D'ailleurs le moyen employé atteignit très-bien son but.
M. Walekenaer, dans ses Mimoiret iur madame de Sévigné^ t. III, p. 364, a publié une lettre de Louis XIY an père de la duchesse, qui aTait maudit sa fille :
« Les services importants que la duchesse de Portsmouth a rendus à la France m'ont décidé à la créer pairesse ions le titre de duchesse d'Aubigny, pour elle et toute sa desoendaaee.
« J*espère que tous ne serez pas plus sévère que votre roi, et que tous retirerez la malédiction que vous avez cru devoir faire peser sur votre roaHLeiK reuse fille. Je tous en prie en ami et tous le demande en roi. LOUIS. *
On lit dans le Journal de Dangeau (13 novembre 1690) que U pension de 1 2,000 livres accordée à cette duchesse fut portée à 20,000. Après la mort de Charles II, elle se retira en France, et bien qu'elle ne fât plus jeune, elle ne fut pas à Tabri de la malice des chansonniers. C'est elle qu'on fu^ de 1696, conserTédans les recueils manuscrits de ces compositions satiriques, désigne dans le couplet suiTant, à ce qu'affirme do moins une noteeontemporaine :
On Tit one duchesse Agée de cinquante ans.
D'un air plein de tendresse S'écriant sottement :
Croirai-je, beau poupon, que d'Elbeuf m'a trahie? D'Entragues, ce dit-on, don, don, Avec lui fait cela, la, la, Mais le menteur le nie.
Une antre chanson, citée par H. de La Borde , dans le très-corienx Tolume dé notes, malheureusement tiré à petit nombre, qu'il a joint à une de set Lettres «ur le Palais Maxarin, se fait Técho d'une mmeurqoe nooi aimon» à croire mal fondée :
Dis-moi, mon cher Cartigny, Où sont les catins de la ville?...
Chez la Portsmouth et la Bouillon On en trouTC de tonte espèce.
On publia en 1690, en Hollande, sous la rubrique de Londres, flftflotre secrète de la duchesse ; c'est un de ces liTres où le roman recouTre un fond de vérité, tel que les réfugiés, aux gages des libraires de la Haye et d'Am- •terdam, en écrivaient beaucoup à cette époque, mais que la platitude du style et la faiblesse de l'invention ont condamnés à un juste oubli.
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Nell Gwyn avait commencé par être marchan de d'oranges dans les rues^ et peut-être pis. Elle entra au théâtre^ et protégée par Buckhurst et par Rochester, les deux plus fameux roués de répoque, elle subjugua le roi et devint une des favori tesen titre.
il. Forgues, dans le travail que nous avons déjà cité, ne pouvait manquer de 'parler d'elle.
« Blonde et potelée, figure d'enfant, regard candide, parures toujours un peu désordonnées et débraillées, elle fut de tou-i tes les maîtresses royales la moins orgueilleuse, la plus obscure^ la plus inoffensive, la plus désintéressée , la plus populaire. Oii l'insultait^ mais son sang-froid bon enfant désarmait l'outrage. C'est elle qui , voyant un de ses laquais se colleter -avec un passant brutal, lequel s'était permis de la qualifier sans ménagement, s'écriait, penchée à la portière. « Laissez-le donc, Tom , le pauvre diable n'a dit que la vérité. » Rochester l'a poursuivie de sarcasmes amers. Il nous apprend qu'au lieu d'être marchande d'oranges, elle avait été harengère^
En 1805, on mit au jour, à Paris, les Mémoires secreiê de la duchesse •de Portsmouth, 2 toI. in-if . C*est une rapsodle formée de circonstances inYeptées & plaisir. Il en existe une traduction allemande.
Madame, mère du Régent, s^exprime ainsi dans sa Correspondance :
« L'Angleterre est certainement très 'redevable à la dachesse de Ports* mouth ; c'est bien la meilleure femme de son espèce que j'aie vue de ma Tie ; elle est d'un très-bon naturel, et son commerce est agréable. Pendant la vie •de Monsieur, nous l'avons vue souvent à Saint-Clou, je la connois donc beau» coup. » (Lettre do 3 mai 1715, p. 280, de l'édit. de Stuttgart, 1843.)
Le portrait de la duchesse peint par Cooper donne l'idée d'une beauté Imposante.
Le fils qu'elle avait eu de Charles II , le duo de Richroond, fit, en octobre 1685, abjuration du calvinisme dans la chapelle du roi, à Fontainebleau, en présence de Sa Majesté et de toute la cour, entre les mains de Bossuet. On lit dans les Mémoires du marquis de SoureheSt 1836, t. I, p. 321, que le prélat fit une belle exhortation à ce jeune prince, lequel ne fot pas celui qui •en fut le plus touché.
C'étût Buckingham qui, de concert avec Louis XIV, avait présenté à Charles II l'ex-fille d'honneur de la duchesse d'Orléans, appelée à Londres sous le prétexte de religieux souvenirs. Tout le monde sait ce qu'en a di| madame de Sévigné : « Kéronal, dont l'étoile avoit été devinée avant qu'elle ne partit, l'a suivie très-exactement. Le roi d'Angleterre l'a aimée; elle s'est trouvée avec ose légère disposition à ne point le haïr. •