XXV^I INTRODUCTION
core plus indiscrètes dans le portrait placé en tête de l'édition anglaise des Mémoires de Grammont (Londres , Bohn , 4853 , in-42), qui la montre assise dans un bosquet^ la main droite sur la tête d'un agneau. Le deshabillé a rarement été porté aussi loin dans des portraits de personnes vivantes ^
Laissons de côté les hommes d'État qui cherchaient à s'occuper sérieusement des affaires au commencement du règne de Charles II ; ne nous occupons que des courtisans qui entouraient le roi et dont les fredaines occupent tant de place dans les récits d'Hamilton.
En première ligne se présente le comte de Rochester, John Wilmot; né en 4647, il mourut en 4680. C'était une de ce» natures fougueuses qui ne reculent devant aucun excès et qui ne se plaisent que dans l'extravagance. Il était presque continuellement ivre, et il cherchait constamment à jouer quelques mauvais tours. Fort impie, fort ordurier dans ses propos et ses écrits, il ruina sa santé, tomba malade^ voulut se repentir, guérit, et reprit sa conduite habituelle. Il fit une rechute et mourut dans des sentiments assez chrétiens. Il amusait beaucoup Charles par sa malice et par ses saillies plus que caustiques ; mais, comme il se moquait impitoyable-
1. L*u8age permetttdt alors aux femmes de laisser Yoir une très-grande partie de leur poitrine, et l*on donnait raison à on Tieil auteur do xvi*^ siècle qui avait publié un petit écrit intitulé : Paradoxe qUe let femmet doi» vent aller le teîn découvert.
Cette mode, rebelle aux lois de la décence, provoqua un ouvrage conna des bibliophiles sous le titre d'Àbui det nuditét de gorge y qui parut en i 675^ à Bruxelles, et fut réimprimé en 1677 et en 1680. Il en a été fait récemment deux éditions nouvelles : Tune à Gand, 1856; l'autre à Paris, 1858. On a attribué ce livre à Fabbé Boileau, frère de l'immortel Despréaux, ou bien à ua sieur de Neuilly , curé deBeauvais, personnage fort inconnu. Un éditeur moderne pense qu'il faut plutôt y reconnaître l'œuvre d'un homme qui savait écrire, qui vivait au milieu du grand monde et qui aborde en face , avec une délicatesse presque galante, le sujet épineux qu'il avait choisi. « Assez peu austère, malgré les semblants de rigorisme qu'Û se donne, il avait à ccBur de^ se faire lire par les dames. >
Les recherches de la toilette furent vivement anathématisées dans trois ou* vrages anglais qu'il serait impossible de se procurer en France et dont noua traduisons les titres : L'abomination det longt cheveuœ, des moucftef ^ de$ gorgei découvertes, etc., par Th. Hall, 1654.
Discours contre la mode de la poudre pour les cheveux, des mouche$ et des gorges découvertes, par Fr. Hawkins, 1664.
Censure juste et opportune de la ntulité de la gorge et des ipmkt, par Cooke, 1678.