‹ Mémoires du chevalier de GrammontChapitre 16 sur 54 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

ment du roi lui-même et de «es maîtresses, Jl fut fréquemment disgracié. L'étude de M. Forgues sur ce personnage est des plus dignes d'être lues. Empruntons lui ce passage : « Il ne manque à tous les hommes qu'un peu de courage pour être lâches, disait Rochester; il montra cette intrépidité d'un nouveau genre dai^un duel qu'il fut sur le point d'avoir avec She^ fîeld, alors comte de Mulgrave et depuis duc de Buckinghamshire. Des propos outrageants imputés à Rochester, furent l'origine de la querelle. Rochester voulut, ce qui n'était guère Tosagei que le combat eût lieu à cheval ; mais, au dernier moment, prétextant l'état de faiblesse où l'avait laissé une maladie dont il sortait à peine, il était absolument hors d^état de se battre. Cette nouvelle se répandit partout et ruina de fond en comble la réputation de courage de Rochester, qui n'en parut nullement ému. »

Bumet a laissé une Vie de Rochester, et le grave prélat, signalant les fredaines de l'étourdi courtisan, dit qu'il prenait plaisir à se déguiser en porteur de chaises et en mendiant, à poursuivre des amourettes de bas étage, à sortir sous des déguisements bizarres.

Les Mémoires de Grammani racontent comment il s'amusa à se rendre déguisé dans la Cité où, se donnant pour astrologue et pour docteur, il fit courir des billets portant qu'il était arrivé un médecin allemand , farci de secrets merveilleux et de remèdes infaillibles. On a publié en Angleterre l'annonce qu'il fit répandre. Elle est trop longue pour être traduite en entier, mais nous placerons ici ce qu'elle renferme de plus saillant.

«Cette célèbre capitale de l'Angleterre (et si les efforts de ses dignes habitants étaient égaux à leur puissance, à leur mérite et à leur vertu, je n'hésiterais pas à l'appeler bientôt la capitale du monde); cette grande capitale, dis-je (ainsi que toutes les autres grandes dtés), a toujours été infectée de gens dont l'arrogante confiance, soutenue d'une profonde ignorance, a réussi à tromper le public, soit par des fraudes préméditées^ soit par des erreurs grossières et palpables en fait de physique chimique et galénique, d'astrologie, de physiognomie, de chiromancie, de mathématiques, d'alchimie, et de politique. Mais je n'entends nullement aborder ce dernier

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