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sujet ni en parler» puisqu'il est tout à fait étranger à ma profession et à ma vocation; les affaires dont je me mêle étant, grâce à Dieu, beaucoup plus sûres, également honnêtes et ainsi plus profitables.
c Les autres sciences que j'ai nommées ont été pratiquées d'une façon très-déplorable par des misérables.que la pauvreté et le besoin, sinon la manie de tromper, ont réduits à une viB errante, et il s'en est suivi que des professions, jadis le patrimoine du pays , qui s'appliquaient à recueillir les fruits de l'expérience des siècles^ sont devenues le partage des fourbes et des charlatans, et que, dépouillées de la vérité et de la profondeur qu'elles possédaient jadis, elles ne sont plus regardées que comme un réceptacle de mensonges et de sottises.
«Je ne ferai pas ici un catalogue des maladies que je traite, un médecin doit les connaître toutes; mais quoiqu'il n'y en ait guère que je n'aie déjà soignées, si un malade vient me trouver avec un mal qui me soit inconnu, je m'empresserai de lui avouer mon ignorance et^ du moins, il sera sûr qu'aucune expérience ne sera tentée sur lui, privilège qu'il ne peut espérer de posséder, qu'il tombe soit dans les mains d'un grand docteur de la cour ou de la cité, soitdans celles d'un charlatan.
« On peut compter avec moi sur une discrétion entière au su- ^et de toutes les maladies vénériennes ou autres, et dans celles particulières aux femmes, comme pâles couleurs, faiblesses» inflammations et obstructions dans l'estomac, les reins, le foie, la rate, etc. Je neveux me servir d'aucun mot malséant; c'est assez que je me fasse comprendre. J'ai vu des notes de médecin qui étaient aussi contraires à la pudeur que les dialogues de l'Ârétin : c'est ce que nul homme, marchant avec prudence devant Dieu, ne saurait approuver ; mais je guéris toutes les suffocations en ces parties qui produisent des con* Tulsions, des inquiétudes nocturnes et d'étranges accidents qu'il n'est pas à propos de spécifier ici, et qui font croire très-souvent à de jeunes personnes que leur cœur se brise par un effet de l'amour , tandis que de fait ce n'est pas au cœur qu'est le mal.
«J'ai aussi obtenu la connaissance d'un grand secret pour guérir la stérilité, lorsqu'elle vient, comme elle arrive souvent, de quelque cause accidentelle et non d'un défaut na-
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turel : car si la nàlure est aisément assistée, il est impossible de la rendre plus parfaite que Dieu n'a voulu la faire et la créer. J'ai fait usage avec grand succès de ce secret depuis bien des années^ et surtout l'an dernier où j'ai guéri une femme qui avait été mariée depuis vingt ans, et une antre qui avait été mariée depuis vingt-trois ans, et deux femmes qui avaient eu, chacune, trois maris différents, ainsi que je puis fe prouver par le témoignage de plusieurs personnes respectables à Londres, Westminster et lieux circonvoisins. Les remèdes dont je fais usage fortifient et purifient la matrice et doivent tous être pris dans l'espace de sept jours. Et comme je n'entends tromper personne, après avoir vu les femmes qui me feront l'honneur de venir me consulter à cet égard, je leur dirai si je puis entreprendre leur cure. Mes actions habituelles sont de recevoir la moitié de mes honoraires lorsque la grossesse est déclarée, l'autre moitié après l'accouchement*
«J'ai accompli de nombreuses et remarquables guérisons de cette espèce, et je ne doute pas qu'elles ne m'aient valu les vœux sincères et les prières ferventes de beaucoup de familles dont les jours se seraient autrement écoulés sou5 le poids du malheur humiliant d'être sans héritiers^ et de laisser à des étrangers la possession d'opulentes successions.
V J'ajouterai que je suis en possession d'importants secrets (quoique ce ne soit qu'une annexe de ma profession) pour conserver, entretenir et augmenter la beauté et les charmes naturels, choses que Dieu a créées d'abord pour la gloire de son nom, ensuite pour mieux établir l'amour naturel entre l'homme et la femme. Dieu ayant accordé à l'homme le pouvoir de la force et de la sagesse, et ayant ainsi rendu la femme sujette à la volonté du sexe le plus énergique , il est juste qu'elle soit, de son côté, douée de qualités qui puissent produire l'admiration, et attirer ainsi sur elle la tendresse et l'amour de l'homme.
« J'ai recueilli ces secrets dans mes voyages en France et en Italie commencés à l'âge de quinze ans, et continués jusqu'à ma vingt-neuvième année , où je suis maintenant. Tous ceux ^lui ont voyagé en Italie vous diront quels miracles l'art y accomplit afin d'assister la nature dans la conservation de la beauté ; comment les femmes de quarante ans y ont un teint
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semblable à celui d'une jeune fille de quinze ans; Tàge ne s'y reconnaît point à la figure, tandis qu'en Angleterre, regardez un cheval à la bouche et une femme au visage, et vousconnaîtrez leur âge à une année près. Je vous donnerai donc des remèdes qui, sans détruire votre fraîcheur , comme font vos fards et vos drogues, vous rendront charmantes, vous délivrant des taches, boutons, marques de petite vérole et au* très accidents qui laissent la peau rude et désagréable à Tœil.
« Je soignerai aussi vos dents, les conservant blanches et rondes comme des perles, raffermissant celles qui ne sont pas solides; vos gencives seront rouges comme du corail, ainsi que vos lèvres qui deviendront aussi douces que les baisers que vous donnez ou recevez en tout bien tout honneur.
« Je guérirai aussi les haleines les plus puantes, pourvu que les poumons ne soient pas complètement viciés et tubercules; J*ai des secrets pour maintenir Thaleine pure, de sorte qu'il n*y aurait qu'un très-grand âge ou une maladie obstinée qui pourrait la corrompre.
« J'enlèverai aux personnes affligées de trop d'embonpoint l'excédant dont elles ont à se plaindre, et je guérirai la mai» greur des gens atteints d'un mal. contraire, et ce, sans nuire aucunement à leur santé.
« Galien sortirait de son tombeau pour me dire que ce sont là des niaiseries indignes de l'attention du vrai médecin, que je ne serais pas embarrassé pour lui répondre que j'attache plus de gloire à conserver intacte l'image de Dieu empreinte sur un seul corps humain, qu'à rétablir en bon état toutes les vieilles carcasses décrépites et avariées par la maladie que renferme le monde entier.
a Les personnes qui me feront l'honneur de venir me voir^ seront certaines, en se présentant depuis trois heures après midi jusqu'à huit heures du soir, rue de la Fin, chez un orfèvre, à côté de l'enseigne du Cygne noir, d'y rencontrer
c Leur humble serviteur, âlexandeb Bindo. »
Dans un moment d'étourderie et de vapeurs bachiques, Rochester remit un jour au roi lui-même une satire faite contre le monarque; il avait promis de donner des vers lancés contre diverses personnes de la cour, et il prit un papier pour l'autre.