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qu'offrent diverses publieations récentes , à donner sur tous jcs personnages un peu marquants qui vont passer devant nos yeux des renseignements susœptibles.de les faire bien connaître; nous avons été sobres en ce qui regarde les étrangers. Il suffisait d'indiquer, pour bien des personnages secondaires, à qui Ton a affaire. Ce que nous avons voulu surtout, c'est offrir un tableau de ce qu'était la cour de Charles II à l'époque où Ilamilton nous la montre , et , à cet égard , nous mettons à contribution un ouvrage fort curieux dont nous sommes les premiers, nous le croyons du moins , à donner une idée en France: le Journal (Diary) de Samuel Pepys, espèce de Dangeau britannique, est une mine que nous avons exploitée. Nous avons aussi consulté le Journal de John Evelyii, publié en 4848, réimprimé en 4849 et en 4827, et qui, bien moins circonstancié, moins curieux que celui de Pepys, embrasse en revanche une période bien plus longue (4644-4706).
Toute appréciation des Mémoires serait ici fort superflue. Que pourrait-on ajouter à un succès consacré par un siècle et demi? Comment mieux s'exprimer qu'un critique de nos jours justement célèbre? « h&& Mémoires de Grammont, voilà ce que la fée a touché de toute sa grâce. La manière en semble faite exprès poui* expliquer le mot de Voltaire :
La grâce en s'exprimant vaut mieux que ce qu'on dit.
Le fond en est mince, non pas précisément frivole, comme on l'a dit. Il y a de gros traités, qui n'en ont pas l'air, et qui sont plus frivoles que cela. Le héros des Mémoires est le chevalier, depuis comte de Grammont, l'homme le plus à la mode de son temps, l'idéal du courtisan français à une époque où la cour était tout , le type de ce personnage léger, brillant, souple, alerte, infatigable, qui réparait toutes les fautes et les folies par un coup d'épée ou par un bon mot.
Rien n'égale cette façon de conter, facile ^ heureuse, unissant le familier au rare, d'une raillerie perpétuelle et presque insensible, d'une ironie qui glisse et n'insiste pas, d'une médisance achevée. Hamilton n'est pas le Van Dyck de la cour d'Angleterre: il n'a pas la gravité dû grand peintre royal, mais il est un peintre i part avec son pinceau doué de molkêêe^ de flneise et de molles* Que d ) mystincations^ que d«
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folles histoires , que de jolis épisodes à travers cet imbroglio croissant^!»
Chamfort appelait les Mémoires de Grammont le bréviaire de la jeune noblesse y bréviaire qui n'aurait guère formé, il faut Tavouer, que des Richelieu et des Lauzun. Voisenon prétendait qu'il fallait les relire religieusement une fois par an; Laharpe était dans le vrai lorsqu'il y reconnaissait surtout « l'art de raconter les petites choses de manière à les faire beaucoup valoir. »
Citons aussi quelques lignes gracieuses écrites par M. Char* les Blanc dans son Histoire des peintres :
a Watteau est de la famille de ces aimables historiens de l'anecdote et du plaisir dont les Mémoires de Grammont sont le modèle. Ses jolies toiles rappellent à tous les souvenirs, les tableaux de l'incomparable conteur Hamilton. Ici le roi Charles II, prenant avec lui sa cour voluptueuse et la menant se promener sur la Tamise ; des flottilles de barques attendant sous White-Hall; la cour descendant, comme une brillante cascade» les larges escaliers qui baignent leurs dernières marches dans le fleuve, et ces joyeuses escadres de l'Amour se laissant em* porter au courant des heures et de l'onde; là , quelque scène nocturne, plus ravissante encore, celle, par exemple, où mylord Rochester et le comte de Killegrew*, enveloppés dans leurs manteaux , abordent , sous les allées de Hyde-Park , miss Hobart et miss Temple qui tremblent sous leurs masques noirs, ou bien encore missJennipgs, la blonde fille d'honneur, d^uisée en bouquetière et faisant mine de vendre des oranges à la porte de la comédie, avant d'aller demander sa bonne aventure au fameux sorcier allemand de la cité de Londres. »
Revenons à ce .que nous nous sommes proposé de faire. Nous parlons d'abord de Grammont, et nous plaçons quelques circonstances qui ne sont point dans les diverses notices écrites sur son compte, quelques extraits des correspondances diplomatiques de l'époque ; nous touchons ensuite à ce qui concerne Hamilton; nous réunissons dans une notice sur Charles II et sa cour des détails assez peu connus en France,