‹ Mémoires du chevalier de GrammontChapitre 20 sur 54 · INTRODUCTION. XXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIX

alors à son frère, lé dac dTork , lequel avait précisément épousé la fille de Qarendon. Les renseignements transmis au chancelier n'étaient pas absolument exacts , ce qui n'est pas étonnant en matière aussi délicate : la reine devint enceinte, mais elle lit une fausse couche; et la fille de Tambitieux homme d'Ëtat serait devenue reine si elle n'était morte avant le décès de Charles.

Deux motifs contribuèrent aussi à décider le roi : d'abord, la dot de l'infante , cinq cent mille livres sterling en argent comptant ; ensuite, un portrait qui lui fut remis, et qui était, il faut le dire, singulièrement flatté; la princesse y était représentée comme une brune des plus piquantes avec des yeux charmants et une chevelure magnifique * .

Un témoin oculaire, sir John Reresby, dit, dans ses Mi" moires , qu'à l'arrivée de l'infante à Portsmouth , la joie fut universelle en apparence, tout manifestait au dehors une fête complète , mais il était facile de voir que le roi était très-médiocrement satisfait du physique de son épouse, dont la taille était très-petite et la figure seulement passable; la pauvre rdoe faisait une triste mine à côté de la comtesse de Gastlemaine, la plus belle femme de l'époque.

Après son mariage, un des grands soucis du roi fut d'empêcher qu'il n'y eût quelque éclat entre la reine et la comtesse. 11 avait promis à sa maîtresse, afin de calmer son courroux, qu'elle serait dame de la chambre de la reine. Catherine, en recevant la liste des personnes qui devaient composer sa maison, fut choquée d'y rencontrer le nom d'une rivale dont elle avait déjà entendu parler. Elle s'empressa de rayer son

i. Ce portrait passa entre les mains d*Horace Walpole, grand amateur de cnriosités de ce genre , et lorsque la collection qu*tl avait formée à Straw- ^rry-HilI fut, en 1832, lirréeaax chances des enchères, le portrait en qaeg- Uon fut adjugé à lord Holmeidale pour la somme de trente-deux gainées. Observons en passant que la dot ne fut point payée à Charles ainsi qu*on Is lui avait promis. Ou commença par déclarer qu*on ne pouvait four- Bir que la moitié des 500,000 Uvres; puis on affirma que Targent manquait et on offrit en place des sucres et des épiceries. Lord Sandvricb, qui avait été envoyé avec une escadre pour chercher Tinfante à Lisbonne et la conduire en Angleterre, fut très-embarrassé et hésita 8*il ne devait pas renoncer jiU fiancée plat6t que de la porter à Charles sans qu'elle fût accompagnée dt numéraire. Il se décida enfin à embarquer les denrées coloniales qo*on loi proposait ; eUes furent vendues à Londres, et leur produit passa dans les mainf (lu roi.

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