‹ Mémoires du chevalier de GrammontChapitre 31 sur 54 · Henry Howard, frère de Thomas, comte d'Arundel, auquel un · texte numérisé non relu

Henry Howard, frère de Thomas, comte d'Arundel, auquel un

duc d'Angleterre, et qui possède actuellement tout le bien de la maison de Norfolk ? Je tombe d'accord que c'est un bœuf; mais quelle autre dans toute 'Angleterre ne passerait pas par-dessus la pesanteur de son esprit et le peu d'agrément de sa figure, pour être, avec 300,000 livres de rente, la première duchesse du royaume ?

<( Pour achever en peu de mots : mylordFalmouth m'a dit lui-môme qu'il l'avait toujours regardée comme Ja seule chose qui manquait à son bonheur; mais qu'au milieu de tout l'éclat de sa fortune, il n'avait osé lui déclarer ses sentiments; qu'il se sentait assez de faiblesse ou trop de fierté pour se contenter de l'obtenir du seul consentement de ses parents, et, quoique les premiers refus des belles ne fussent comptés pour rien, il savait de quel air elle recevait ceux dont la personne ne lui était point agréable.

« Après cela, monsieur le chevalier, voyez de quelle manière vous prétendez vous y prendre; car vous êtes amoureux. Vous l'allez être de plus en plus : et plus vous le serez, moins serez-vous capable des réflexions que vous pourriez faire à présent.

« — Mon pauvre philosophe, répondit le chevalier de Grammont, tu sais bien le latin, tu fais des vers, tu sais la marche et tu connais la nature des étoiles du ciel, mais pour les astres de la terre, tu n'y connais rien. Tu ne m'as rien appris de mademoiselle

acte da parlement restitua, en 1664, les domaines de ses ancêtres, confisqués à l'époque de la reine Elisabeth.

A la mort de son frère, survenue en 1677, il devint duc de Norfolk, et il mourut, le 11 janvier 1685, âgé de cinquante-cinq ans.

d'Hamilton que le roi ne m*ait dit il n'y a pas trois jours. Tant mieux qu'elle ait refusé tes ostrogoths dont tu viens de parler. Si elle en avait voulu, jo n'en voudrais pas, quoique je l'aime à la folie. Ecoute bien ce que je vais te dire. Je me suis mis dans la tête de l'épouser-, et je veux que mon pédagogue Saint- Evremond lui-même soit le premier à m'en savoir gré. Quant à l'établissement, je ferai ma paix avec le roi-, je lui demanderai qu'elle soit dame du palais» Il me l'accordera. Toulongeon crèvera sans que je l'aide ou que je l'en empêche -, et mademoiselle d'Hamilton aura Séméat^ avec le chevalier de Grammont, pour la dédommager des Norfolk et des Richmond. Eh bien ! as-tu quelque chose à dire contre ce projet? car je parie cent louis qu'il en ira comme je le dis. »

C'était dans ce temps-là que la faveur de mademoiselle Stewart était si déclarée, qu'on voyait bien qu'il ne lui manquait que de l'art dans sa conduite pour être aussi maîtresse de l'esprit du roi qu'elle l'était de son cœur. L'occasion était belle pour ceux qui avaient de l'expérience et de l'ambition. Le duc de Buckingham se mit en tête de la gouverner pour se mettre bien dans l'esprit du roi. Dieu sait quel gouverneur et quelle tête pour en conduire une autre ! Cependant, c'était l'homme du monde le plus capable de s'insinuer dans un esprit comme celui de mademoiselle Stewart : elle avait un caractère d'enfance dans l'humeur qui la faisait rire de tout ] et son goût pour les amusements frivoles, quoique

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