NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE SUR LES MÉMOIRES
lies Mémoires farent imprimés pour la première fois en 1 715* soas la rubrique de Cologne. On a dit que le comte avait vendu pour 1 ,500 livres le manuscrit d*un ouvrage qui ne le montre pas toujours sous un aspect favorable, et que Fontenelle, alors censeur royal, ne crut pas devoir approuver.
Dès 1714, il parut une traduction anglaise due à la plume de Boyer ; plusieurs des personnages mentionnés dans ces récits vivaient encore ; sir Stephen Fox et sir Charles Lyttleton moururent en 1716; miss Temple (devenue lady Lyttleton), mourut en 1718; le duc de Marlborough en 1722; mlstress Godfrey (Arabella Churchill) et mademoiselle de La Garde en 1750 ; miss Jennings (devenue duchesse de Tyrconnel) en 1 751 ; enfin la duchesse de Buccleuch, veuve du duc deMonmoutb, la dernière de toutes les personnes nommées dans les Mé-^ tnoires de Grammont qui soit restée en ce bas monde, expira le 6 février 1732, à i*âge de quatre-vingt-un ans. Mesdemoiselles Temple, Jennings et Churchill, durent être fort mécon^ tentes de voir ainsi rappeler le souvenir des folies et des faiblesses de leur jeune âge.
Le comte de Chesterfield et Progers , qui figurent Tun et Tautre sous un point de vue peu flatteur dans les récits d*Hamilton^ moururent en 1715 et purent voir imprimées des pages dont ils avaient le droit d'être mécontents. Bien des familles maudirent sans doute les révélations indiscrètes de l'historien de la cour de Charles II. Dès 1715 on publia à Londres une brochure du prix de deux pences (20 centimes) , devenue aujourd'hui introuvable, et intitulée Ckf des Mémoires
* Cette édition est an Mutée britamoique ; c'est donc à tort que dans le catalogue de la vente Bergeret (Paris, 185S, n** 1242) on signale comme ^origiKile l'édition de Cologne^ P. Marteau , 1715, laquelle offre d^ailleurs une particularité singulière; Timprimeur a pris soin de mettre en italique tous les mots sur lesquels il pensait que deTait se porter Tattention des lecteurs.
4Sâ APPENDICE
(A Keyiothe Memoirs of Grammont); la traduction de Boyer fat réimprimée en 1719 et plusieurs fois depuis.
Diverses éditions de luxe d*un ouvrage aussi intéressant pour les Anglais ont vu le jour au delà de la Manche; Horace Walpole s'amusa à faire imprimer les Mémoires dans la typographie particulière qu'il avait installée à son manoir de Strawberry-Hill. Ce volume, orné de trois portraits assez médiocres, ne fut tiré qu*à cent exemplaires, et il est bien rare en France. G*est pour la première fois que le récit d*Hamilton était accompagné de notes, et que les noms propres étaient rectifiés. Une réimpression donnée, à Londres en 1783, chez Dod&ley, reproduit les notes et les portraits du livre mis au jour par Walpole, mais elle n'est ni correcte, ni bien exécutée.
Un habile libraire de Londres, Edward, eut Vidée, en 1792, de joindre aux Mémoires de nombreux portraits d'après les tableaux originaux. Son édition contient 78 gravures ^ et elle renferme, sous le nom de Notes et éclaircissements, 77 pages, lesquelles offrent un travail plus étendu et plus exact que ce qu'on avait fait jusqu'alors. Quelques exemplaires existent en . grand papier ; #« en a même exécuté quelques-uns in-folio avec des marges excessives, afin que les amateurs pussent' se donner le plaisir de les illustrer avec des portraits et des gravures de toute dimension.
L'édition publiée à Londres en 181 1 , 2 vol. in-8<> (il y a aussi des exemplaires in-4<>), est moins belle que celle de 1792, mais elle est préférable sous quelques rapports. Un ancien ministre de Louis XVI, Bertrand de MoUevllIe, en revit le texte et y joignit la traduction des notes jointes A une édition anglaise donnée la même année, notes attribuées, en grande partie du moins, à Walter Scott.
Notons qu'en 1792, Edward avait publié, en même temps que son édition française, une traduction faite par W. Mad*
^ Ce beao Yolnme est rare en France , et quand il se j^àiente en Yente publique , il se paye fort cher. Indépendamment des adjudications mentionnées au Manuel du Libraire ^ nous pouYons signaler celles de 187, de 200 et de 249 fr. aux Tentes Sensier, Bérard et Nodier. La notice mise en tète de l'édition Renouard renferme d'ailleurs sur ces publications anglaises deg détails i]d*il serait inutile de reproduire.
AUX MÉMOIRES DE GRAMMONT. ^â^
clison , et ornée des mêmes portraits. Cette traduction a été réimprimée en 1809, 3 vol. in-8<», avec iO portraits.
Un volume, petit in-S», édité à Londres en i853, par le lil)raire H.-G. Bohn , contient une bonne traduction des Afémoires et toutes les notes de 1811 avec d*amples augmentations. Ce livre n*a d'autre portrait que celui de Nell Gwyn (nous en avons déjà parlé ) ; on y rencontre une notice sur Charles 11 et des documents relatifs à Thistoire de ce monarque à une époque bien antérieure à celle qui vit Grammont paraître à la cour d'Angleterre.
Rien ne recommande spécialement les éditions delà Haye, 1731 et 1741 , ni de Paris, Ï760, ou de Londres (Paris), 1781, 9 vol. in-18 qui entrent dans la collection Cazin. Les trois Jolis volumes datés de 1781 qui font partie de la collection Imprimée par ordre du comte d* Artois, sont d'une exécution typographique fort élégante, mais quelques corrections peu heureuses ont été introduites dans le texte.
L'édition publiée par M. Renouard, 1813, 2 vol. in-8°, avec 8 portraits, fait partie des Œuvres complètes d'Hamilton , en 4 vol. in-8® ou 5 vol. in-18. Elle est fort soignée, ainsi que toutes les publications dues à cet habile libraire qui fut aussi un bibliographe de premier ordre ^
Nous mentionnerons pour mémoire les éditions de Paris, 1815, 2 vol. in-12; 1819, 3 voL in-18 avec 8 gravures; 1820, 2 vol. in-12; 1823, 2 vol. in-52 ; 1825, in-8<> avec un portrait (édition tirée à une centaine d'exemplaires et extraite des Œuvres d'Hamilton, publiées par M. Champagnac) ; 1 826, 2 vol. in-52; 1828, in-8<» (avec la Notice d'Auger déjà insérée dans l'édition des Œuvres d'Hamilton, 1804, 5 vol. in-8o).
Une autre édition de ces mêmes Œuvres , 1818 , in-8^, fait partie de la Collection des Prosateurs français , publiée par le libraire Belin^et renferme une notice signée D... (Depping) sur la vie et les ouvrages du beau-frère de Grammont. Les Mé^
' Un exemplaire nniqne imprimé sur pean-Télin s*est adjugé à 733 fr. en 1853 à la Tente de la bibliothèque de M. Renouard; un des quatre exemfriairet sur grand papier (les trois autrei sont en Angleterre) tat payé 170 U^ k la même rente.
maires font aussi partie des OËuvres mises an jo'Jr en 1749, « vol , et 4776, 7 vol.
L'édition des Mémoires comprise dans la Collection publiée par M. F. Barrière, chez MM. Didot, in-i2, 4850, ne renferme presque rien qui ne soit déjà dans Tédition de 481 i .
Malgré le soin que nous avons apporté pour rendre notre édition préférable à toutes les précédentes , nousavoaons que les Mémoires de Grammont appellent encore des recherches suivies.
Nous avons mieux fait , nous Tespérons, que ^éditeur anglais de 1 852, lequel remporte de beaucoup sur ses devanciers ; mais un commentaire plus complet que le nôtre , renfermant des détails curieux et des faits nouveaux, est possible. Gen*est toutefois qu'en Angleterre, en fouillant dans les dépôts publics, en consultant les manuscrits, que cette tâche peut être accomplie. L'histoire secrète des personnages qui entourèrent Char* les II est restée inédite; M. Gunningham fournit quelques indications qui prouvent qu'il est remonté aux sources ^; c'est au biographe de Nell Gwyn qu'il appartient de farire» sur les Mémoires de Grammont, un travail qui ne laissera rien à désirer.
NoQs sommes forcé , faute d'espace, de ne pas nous arrêter «ur quelques ouvrages satiriques ou romanesques, relatifs aux intrigues galantes de la cour de Gbarles II. Ces productions, où les faits sont présentés d'une façon peu exacte , et que ne recommande point le mérite du style, se rapportent d'ailleurs À une époque plus récente que celle où se terminent les 4f^moires de Grammont, On compte parmi eux Hattigé ou les Amours du roi de Tamaran , par 4e Brémond, Cologne (Hollande), 1676, in-12. Dans ce livret de 89 pages, les noms sont
* Il signale les comptes des dépenses dn roi (ane très-faible portion a été imprimée dans on Yolume publié à petit nombre : Secret ierviee Expenses 4>f Charlet II and James //), la lettre écrite par le roi à lord Clarendon lors de sa première entrevue atec Tinfante Catherine (dans les manuscrit! Lansdowne au Musée britannique; elle est trop passionnée pour pouvoir être reproduite). Une chanson peu décente d'Etheridge sur Nell Gwyn n'est qa*nidiquée.
H. Cunniogham cite aussi des poésies manuscrites de Roehester, des recueils de vers du temps (Choiee Âyres and Songs^ 1676, in-folio, volume contenant des poésies amoureuses de Charles II, les State pœmSy 1 697, etc.).
AUX MÉMOIRES DE GRAMMONT. iSS
^égnisés ; une clef imprimée les fait connattre en les déOgn* raol : Hattigé^ duchesse de Gefland (Cleveland); Osman^ le <iuc de Bouquaiman (Buckingliam) Moharen^ milord Candiche; (Sandwich).