‹ Mémoires du chevalier de GramontChapitre 15 sur 62 · I | MÉMOIRES · texte numérisé non relu

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chevalier de Crammont avec (les intentions d’autant plus favorables qu’il y avait longtemps qu’elle l’attendait , et qu’elle avait quelque curiosité pour une visite de sa part dont son mari ne fût pas. Il est donc a croire que cette première occasion ne se fût pas perdue , si mademoiselle de Saint-Germain, qu’elle n’attendait pas , ne fût arrivée presque en même temps (pie celui qu’elle attendait.

Elle était plus jolie et plus enjouée ce jour-là qu’elle ne l’avait été de sa vie ; cependant on ne laissa pas de la trouver fort laide et fort ennuyante. Elle s’aperçut bientôt qu'elle importunait ; et , ne voulant pas que ce fût pour rien qu’on lui voulût du mal , après avoir passé plus d’une grosse demi-heure à se divertir de leur inquiétude , et à foire mille petites singeries , qu’elle voyait bien ne pouvoir être plus mal placées , elle ôta ses coiffes, son écharpe, et tout l’attirail dont on se défait quand on prétend s’établir familièrement quelque part pour le reste du jour. Le chevalier de Grammont la maudissait intérieurement , tandis qu’elle ne cessait de lui foire la guerre sur la méehante humeur dont il était en si bonne compagnie ; madame deSénantes, qui ne se possédait pas mieux que lui, lui dit assez sèchement qu’elle était obligée d’aller chez Madame Royale. Mademoiselle de Saint-Germain lui dit qu’elle aurait l’honneur de l’accompagner, si cela ne lui faisait poiut de peine. On ne lui répondit pas grand’chose ; et le chevalier (le Grammont , voyant qu’il était inutile de pousser sa visite plus loin , sortit de belle humeur.

Oès qu’il fut dehors, il lit partir un de ses grisons

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