Chiomonte : tome I, p
284 MÉMOIRES [Oct. 1707]
Nous séjournâmes à Briançon le 20. Ce fut dans ce temps-là que les officiers commencèrent à être mal payés. On ne leur donnoit que des billets pour leurs appointements, qu'ils étoient d'obligés d'escompter à perte.
Le 21 , nous fûmes camper sur les hauteurs de Césanne^, et le lendemain 22 à Barbote^, village à deux lieues en deçà de Fenestrelle, dans la vallée de Pragelas, dans lequel camp nous restâmes deux mois. Pendant que nous y étions, nous apprîmes la prise de Suse, qui se rendit le 5 octobre, M. Masselin^, commandant, et sa garnison, composée de trois cent quarante soldats du régiment de Beauvoisis, prisonniers de guerre^. Le 6, elle fut conduite à Turin.
Ainsi, notre campagne, qui avoit été si heureuse dans le commencement, n'eut pas les suites que nous devions espérer. A qui peut-on en attribuer la cause? J'ai dit mon sentiment là-dessus en parlant de la lenteur de notre marche après la levée du siège de Toulon, et je m'y tiens; car certainement nous pouvions arriver à Suse bien auparavant les ennemis, notre chemin étoit beaucoup plus court que le leur pour