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Au nord-ouest d'Exilles et dominant cette place

2. C'est surtout Charles-Emmanuel, successeur de Victor- Amédée, qui y fît travailler.

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former sous nos pieds à un quart de lieue de nous, quoique alors nous avions le plus beau temps du monde. Le tonnerre faisoit un bruit épouvantable, et d'autant plus terrible que les échos des montagnes nous le répétoient mille fois ; il s'élançoit quelquefois des nuées comme un jet d'eau. L'orage fini, nous apprîmes que la vallée avoit été inondée de grêle, dont il y en avoit de grosses comme un œuf.

Nous montions la grande garde à une redoute fortifiée seulement de terre, qui étoit à la droite de la Doire, à mi-côte d'une montagne^, en bas de laquelle il y avoit un camp des ennemis. Un jour que j'y étois de garde, un de mes sergents vint m'avertir, à deux heures de nuit, qu'il n'avoit trouvé aucune des quatre sentinelles que nous avions postées hors de la redoute afin de n'être point surpris. J'ordonnai au sergent d'en faire mettre quatre autres. Une demi-heure après, l'on vint me dire que ces quatre autres sentinelles avoient aussi déserté 2. Cela me fit prendre le parti de n'en faire poser aucune dehors. Je fis fermer la barrière, et j'ordonnai que tous les soldats fussent sous les armes; car, comme nous étions à la portée de la carabine des ennemis, je croyois avec raison d'être attaqué, ce qu'ils ne firent pas.

Nous devions être sur la défensive, l'armée du duc

1. Dans un mémoire du 22 octobre 1707 [Mémoires militaires, t. VIII, p. 541 et suiv.), M. de Chamlay avait proposé de faire au-dessus d'Exilles deux redoutes qui domineraient cette petite place et empêcheraient les ennemis de l'attaquer.

2. « M. de Toralva, qui commande auprès d'Exilles, écrit Villars au Roi le 12 juin, mande que la désertion est grande. Votre Majesté sera sans doute surprise des premières revues que j'aurai l'honneur de lui envoyer. » [Ibid., p. 200.)

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de Savoie étant supérieure à la nôtre. Outre cette raison, nous étions obligés de garder la Savoie, le Dauphiné et la Provence, dans lesquelles trois provinces les régiments qui dévoient composer l'armée du maréchal de Villars étoient dispersés. Il y avoit vingt-trois bataillons et huit escadrons en Provence, trente-un en Dauphiné, et douze en Savoie et quatorze escadrons ; en tout, soixante-six bataillons et vingt-deux escadrons ^ L'armée du duc de Savoie devoit être composée de quarante-cinq mille hommes effectifs"^; le prince Eugène commandoit les troupes de l'Empereur. Le régiment resta jusqu'au 211 juillet à Saint-Golomban, pendant lequel temps le marquis de Broglie, inspecteur général de l'infanterie^, en fît la revue. Gomme il étoit dû plusieurs prêts aux soldats^, il se fît subitement, pendant sa revue, un soulèvement dans les bataillons; plusieurs soldats se mirent à crier : a Notre paye! Notre paye! » M. de Broglie ordonna sur-le-champ aux tambours de battre un ban. Ensuite il imposa silence aux soldats, et il menaça de mort celui qui le romproit. Il fît une manière d'harangue

1. L'état des effectifs et de la disposition des troupes françaises au 8 juin 1708 reproduit par le général Pelet [Mémoires militaires, t. VIII, p. 592-593) donne des chiffres un peu différents : 21 bataillons et 8 escadrons dans la Provence, le comté de Nice et la principauté de Monaco, 41 bataillons en Dauphiné et dans la vallée de Barcelonnette, 12 bataillons et 12 escadrons en Savoie : en tout, 74 bataillons et 20 escadrons.

2. Elle comptait seulement 41,900 hommes d'après le général Pelet (p. 597).

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