‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 134 sur 183 · Ci-dessus, p. 20 et · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 20 et

4. Dès le mois d'octobre précédent, Tessé signalait que le prêt des soldats était fort en retard. (Mémoires militaires, p. 545.)

296 MÉMOIRES [Juin 1708]

qui contenta le soldat. Il étoit beau parleur; c'est dans une occasion pareille à celle-ci où il faut qu'un officier parle avec fermeté aux soldats, et qu'il fasse punir dans le moment celui qui lui paroît le plus coupable ; par cet exemple, il arrêtera certainement la révolte du soldat.

Nous eûmes ensuite la revue du maréchal de Villars^ qui, étant informé de ce qui s'étoit passé au régiment, fit aussi sa harangue. Il la finit en promettant aux soldats que, dans quelques jours, tout ce qui leur étoit dû seroit payé, et qu'en cas que l'argent n'arrivât pas assez à temps, il vendroit sa vaisselle d'argent pour les satisfaire. Après la revue, je lui remis une lettre de mon frère, qui avoit commandé l'artillerie en Allemagne sous ses ordres^; il lut la lettre et il me dit, en présence du régiment, qu'il chercheroit avec plaisir les occasions de me rendre service.

Ce fut dans ce camp que je séparai deux lieutenants du régiment qui se battoient, l'épée à la main, derrière une petite colline où le hasard m'avoit conduit pour me promener. Je les mis aux arrêts ; ensuite j'en rendis compte au marquis de Soyecourt, notre colonel, qui les raccommoda.

Nous montions aussi la garde dans le fort d'Exilles. J'étois le premier du régiment à la monter, lorsque nous reçûmes des ordres pour nous rendre en Savoie. Si je l'avois montée, j'aurois essuyé le siège de cette petite place, et peut-être aurois-je empêché M. de la Boulaye, qui en étoit lieutenant de roi^, de se rendre

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