Jacques de la Boulaye, lieutenant-colonel du régiment
[Juillet 1708] DU CHEVALIER DE QUINCY. 297
plus tôt qu'il ne devoit. Par là, je lui aurois fait éviter le funeste jugement qu'il essuya : ce qui fut la cause de sa mort, comme il sera rapporté dans la suite de cette relation^.
Tous les préparatifs des ennemis étant faits pour entrer en campagne, le duc de Savoie marcha à la tète d'une partie de son armée, afin de passer le Mont-Genis pour se rendre dans la Savoie, pendant que ses autres troupes marchoient par la vallée d'Aoste pour le joindre. Ce furent ces mouvements qui nous obligèrent à décamper de Saint-Colomban, pour nous opposer aux projets du Savoyard-.
Nous nous mîmes en marche le %\ juillet. Nous apprîmes ce jour-là la triste nouvelle de la bataille d'Oudenarde en Flandre, que nous perdîmes le 1 1 juillet, fâcheux événement qui fut la cause de la perte de la ville et de la citadelle de Lille, de Gand et de Bruges ^
Lorsque nous étions à une lieue de Gésanne, où nous allions camper, il arriva une aventure assez risible. Nous entendîmes un bruit qui venoit de l'arrière-garde : « Soldats, serrez-vous à droite et à « gauche. » Ordinairement ce bruit se fait pour laisser
d'Aunis depuis 1690, avait la lieutenance de roi d'Exilles depuis le mois de mai 1706.