Philippe-François de Chartoigne : tome I, p
18 MÉMOIRES [Juin 1704]
sur les François. « Mais, ajouta-t-il, voyant qu'il n'y « avoit que des coups à gagner, j'ai déserté pour m'en « retourner chez moi et y vivre tranquillement. » Ce jour-là, on travailla à deux batteries de canon de six pièces chacune, pour ruiner les défenses. M. Buel, capitaine de Berwick, et M. Moreau, commissaire d'artillerie, furent tués.
La nuit du %1 au 28, les régiments de Normandie, de l'Ile-de-France ^ de Beaujolois^, et un autre régiment relevèrent la tranchée, aux ordres de MM. de Ghemerault, d'Aubeterre et de CaraccioU^. On travailla à plusieurs sapes et à faire fouiller le mineur, afin de pouvoir trouver les mines. Nous essuyâmes, ce jour-là, un grand orage ; nos tranchées en furent très incommodées, nos tentes renversées.
La nuit du 2l8 au 29, la tranchée fut relevée par les régiments de Bonezane*, de la Vieille-Marine, de Médoc, de Cambrésis^ et de Bassigny^, aux ordres de de Langalerie, d'Arène et d'Imécourt. La sape se
1. Créé en 1684; le marquis de Broglie (ci -après, p. 20) en était colonel depuis 1698.
2. Ce régiment, qui datait de 1685, perdra son colonel à ce siège (ci-après, p. 21).
3. Thomas Caraccioli était maréchal de camp au service d'Espagne et passa à celui de France en 1707; il devint lieutenant général en 1718 et gouverneur de Briançon; il ne mourut qu'en 1755, à cent un ans.
4. Régiment espagnol, dont notre auteur orthographie le nom Bollesane.
5. Ce régiment avait été formé, en septembre 1684, avec un bataillon du régiment de Piémont.
6. Créé en 1684, comme le précédent, il avait pour colonel le chevalier de Bullion depuis 1702; en 1749, il fut incorporé dans Royal-Comtois.
[Juin 1704] DU CHEVALIER DE QUINCY. 19
poussa jusqu'à dix toises du chemin couvert. On acheva une batterie de six mortiers à la droite. Nous perdîmes assez de monde pendant cette tranchée; MM. de Sanzay, commissaire d'artillerie, de Pontcatron, lieutenant du régiment de Bassigny, et Montigny, lieutenant de Médoc, furent blessés ^
La nuit du 29 au 30, MM. de Bouligneux, de Goësbriant et chevalier de Luxembourg^ relevèrent la tranchée avec les bataillons de Mendoze- espagnol, de Bourgogne, de Sourches^, de Maulévrier* et de Beauce^. On s'avança par la sape jusqu'à huit toises de l'angle flanqué du chemin couvert, à l'attaque de la droite. On en fît autant à l'attaque de la gauche, et une allant à la capitale de la demi-lune^.
Le 2, M. de Vendôme, auparavant d'attaquer les trois angles du chemin couvert, fit éventer les mines des ennemis qui étoient chargées : après quoi, nos grenadiers se logèrent dans les trous que les mines avoient faits. Les assiégés firent plusieurs tentatives pour nous en chasser, mais inutilement. On se logea
1. Le général Susane dit que M. de Montigny fut tué [Histoire de Vinfanteric, t. IV, p. 387).
2. Christian-Louis de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry en 1711, avait été chevalier de Malte; brigadier d'infanterie depuis janvier 1702, il sera nommé lieutenant général en septembre 1708, pour avoir réussi à faire entrer du secours dans Lille assiégé, et deviendra maréchal de France en 1734.
3. Ce régiment, levé en 1695 par le comte de Sanzay, avait été donné au chevalier de Sourches en octobre 1703,
4. Créé en 1675, il avait pour colonel le chevalier de Maulévrier; il prendra le nom de Beaujolais en 1762.