‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 142 sur 183 · La manne de Briançon est une liqueur épaisse, une sorte · texte numérisé non relu

La manne de Briançon est une liqueur épaisse, une sorte

[Août 1708] DU CHEVALIER DE QUINCY. 309

Le 13, notre général fit une fanfaronnade. Auparavant de décamper pour marcher du côté d'Oulx, il fit tirer plusieurs coups de canon, comme pour avertir le commandant du fort d'Exilles qu'il marchoit à son secours. Cependant, il devoit avoir appris que ce château s'étoit rendu, la garnison prisonnière de guerre : il n'y avoit pas un seul officier dans l'armée qui n'en sût la nouvelle^. Lorsqu'elle fut confirmée, il entra dans une colère si affreuse, qu'il dit tout haut qu'il feroit pendre le sieur de la Boulaye^. Il apprit presque en même temps que la Pérouse s'étoit aussi rendue, la garnison prisonnière de guerre^, et que les habitants de la vallée Saint-Martin s'étoient soumis à leur

de gomme, qui découle des branches du mélèze. [Dictionnaire de Trévoux.)

1. Exilles s'était rendu la veille, 12 août, après trois jours de siège.

2. C'est en effet ce qu'il dit dans ses lettres des 14 et 30 août à Chamillart. [Archives de la Bastille, t. XI, p. 439 et 442.) — Le marquis de Sourches écrit le 24 septembre (t. XI, p. 183-184) : « On avoit su ce jour-là que, le maréchal de Villars ayant envoyé redemander au duc de Savoie, par un trompette, La Boulaye, lieutenant de roi d'Exilles, et ce prince le lui ayant refusé, il avoit fait assembler un conseil de guerre, dans lequel La Boulaye avoit été condamné à être pendu, à être dégradé des armes, et ensuite les officiers de la garnison condamnés à assister à la potence, mais que ces officiers, ayant appris cette condamnation, avoient écrit au maréchal de Villars pour se plaindre du tort qu'on leur avoit fait, disant qu'ils n'avoient pu empêcher le commandant d'Exilles de rendre sa place, ni distinguer si l'ordre de se rendre qu'il leur avoit fait voir étoit véritable ou faux, mais qu'ils étoient persuadés que ce malheureux ne toucheroit jamais un sol des quarante mille écus que le duc de Savoie lui avoit promis pour lui livrer Exilles. »

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