‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 146 sur 183 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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314 MÉMOIRES [Août 1708J

tout le temps du siège. M. de Rehbinder*, fort estimé dans les troupes impériales, fut chargé d'en faire le siège ^; il fit ouvrir la tranchée la nuit du 17 au 18.

Est-il possible qu'on aura toujours confiance aux grands parleurs, et que ces claque-dents en imposeront toujours à la cour, aux généraux d'armée et au public? Un partisan, né dans la vallée de Pragelas, beau parleur, ou plutôt grand discoureur, qui se vantoit de connoître parfaitement bien toutes les montagnes, toutes les vallées et tous les cols du pays, en imposa si bien au maréchal de Villars, que, le 213, il ordonna au comte de Muret de marcher à la tète de six mille hommes, pour tomber sur un corps de troupes de l'armée ennemie qui étoit campé sur la rive droite du Gluson, entre Fenestrelle et nous. Je suivis à mon ordinaire M. de Muret, et je lui servis d'aide de camp. Nous nous mîmes en marche une heure avant le jour. Après avoir passé le Gluson près du camp, nous marchâmes pendant l'espace de deux heures sur le grand chemin qui va de Césanne à Fenestrelle ; ensuite nous fîmes halte en bas d'une montagne, pour attendre que tout notre détachement fût arrivé. Pendant ce temps-là, je postai trois cents hommes sur le grand chemin, afin que les ennemis ne nous coupassent point la communication avec notre armée, et pour favoriser notre retraite. Toutes nos troupes étant arrivées et s'étant un peu reposées, nous

1. C'était un Livonien, qui, d'abord au service de l'électeur palatin, était passé à celui de Savoie avec le grade de lieutenant général ; il remplissait alors les fonctions de général de l'artillerie.

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