Ce terme a été expliqué tome I, p
[Sept. 1704] DU CHEVALIER DE QUINCY. 47
près de mes camarades. Point du tout : je fus assez fol et assez tranquille pour rester dans le même endroit; aussi m'en coûta-t-il. Deux jours après, en sortant de mon lit, j'aperçus qu'on avoit enlevé une de mes malles. Je cherche partout, je ne la trouve point. Enfin, en me promenant en robe de chambre, je la trouve à cent pas de ma tente. Je l'ouvre précipitamment; mais rien dedans. Il m'en coûta ma petite vaisselle d'argent, mes habits et mon linge. La perte que je fis monta bien à six cents livres, et j'essuyai un peu de brocards de mes camarades; je le méritois bien. Il fallut donc, à la fin, décamper; je fus me mettre dans une maison à moitié brûlée, qui n'étoit pas éloignée du régiment, où je demeurai pendant le reste du siège.
Le 21 septembre, nos deux compagnies de grenadiers étant de tranchée, les ennemis firent une sortie assez considérable. On vit d'abord paroître une douzaine de talpaches, qui avoient tous leurs sabres levés, et qui tombèrent sur nos travailleurs. Ensuite, leurs grenadiers, soutenus par plusieurs détachements, sortirent par un autre endroit; ils avoient mis du papier à leurs chapeaux^ Le marquis de Dreux, brigadier de tranchée et notre colonel, voyant que cette sortie étoit sérieuse, fit marcher nos deux compagnies de grenadiers et la plus grande partie des troupes de la tranchée droit à eux. 11 y en eut beaucoup de tués; nous fîmes même quelques prisonniers. De notre côté,
1. Les alliés mettaient généralement des feuilles vertes à leurs chapeaux; l'armée française au contraire y plaçait des morceaux de papier blanc. C'était donc pour tromper les assiégeants que ces grenadiers avaient adopté ce signe distinctif.
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nous perdîmes plusieurs grenadiers et plusieurs soldats. M. de \ capitaine des grenadiers du régiment, y fut tué. C'est le même qui porta la parole à M. de B[ellecourt] pour qu'il ne se présentât plus au régiment, comme je l'ai dit^, dans le temps que notre armée alloit passer le Pô près de Casai.
Le 23, M. de Vendôme, ayant fait cesser le feu de notre canon et de la mousqueterie, envoya M. de Watteville^, qui étoit brigadier de tranchée, dire aux ennemis que, s'ils attendoient que nous fussions logés sur le chemin couvert, il ne leur donneroit aucun quartier. Il avoit ordre de leur donner quelques heures pour prendre leur parti ; mais, comme, au bout de ce temps, notre général ne fut point content de leur réponse, il leur renvoya leur otage, qui étoit un lieutenant-colonel. M. de Langon^, qui étoit le nôtre, étoit déjà revenu. Le feu recommença donc de part et d'autre, avec plus de vivacité que jamais.
Le château se rend. — Enfin, le 2i4, les ennemis battirent la chamade, et ils se rendirent à discrétion au nombre de six cents hommes.
Le 25, ils sortirent, et ils furent conduits dans le Milanois. Nous arrêtâmes, pendant qu'ils défiloient, un de leurs sergents, qui avoit déserté, il y avoit bien dix
1. En blanc dans le manuscrit. Ni V Histoire militaire (p. 368), ni les Mémoires militaires (p. 268) ne donnent ce nom.