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Ouvrage en forme de fer à cheval qu'on fait pour cou

56 MÉMOIRES [Oct. 1704]

bien fortifié par de bons retranchements et de bonnes palissades; depuis le Pô jusqu'à Grescentin, autre communication. Voilà donc cette forteresse dont nous devions nous emparer pour nous rafraîchir de toutes les fatigues que nous venions d'essuyer. Cependant officiers et soldats, ne songeant aucunement aux quartiers d'hiver, se firent un véritable plaisir de travailler à la gloire de notre général, que nous aimions tous comme notre père.

Le canon, qui consistoit en quarante-huit pièces de vingt-quatre, étant arrivé le 22 au matin, et tous les autres préparatifs nécessaires étant faits, M. de Vendôme fit ouvrir la tranchée devant les retranchements de Guerbignan, la nuit du 22 au 23 octobre. La tranchée se montoit par détachement, comme au siège d'Ivrée. Nous y eûmes une cinquantaine de soldats de tués ou de blessés; M. de Richerand\ chef des ingénieurs, homme sachant bien son métier, y fut blessé à la tète si dangereusement, qu'on fut obligé de le trépaner ; il mourut le 11 novembre, de cette blessure. Malgré le terrain, qui n'étoit que de tuf et de roches, on fit une parallèle de trois cents toises, éloignée seulement de soixante des palissades. M. de Las Torrès, lieutenant général, un maréchal de camp et un brigadier, tous trois Espagnols, commandoient cette tranchée. Pendant le courant du siège, il y eut toujours le même nombre d'officiers généraux.

La nuit du 23 au 24, on fit une seconde parallèle, qui fut poussée à vingt toises des retranchements.

vrir une porte ; il n'a qu'une plate-forme bordée d'un parapet, et d'ordinaire on les prend d'insulte. » [Dict. de Trévoux.) 1. Tome I, p. 205.

[Oct. 1704] DU CHEVALIER DE QUINCY. 57

Nous y perdimes un capitaine des grenadiers, plusieurs grenadiers et plusieurs soldats. On fît plusieurs batteries, qui tirèrent le lendemain 2|4.

Le 25, le 26 et le 27 furent employés à perfectionner nos ouvrages.

Le 28 et le 29, nos batteries commencèrent à foudroyer les retranchements de Guerbignan.

Attaque du chemin couvert de Guerbignan. — Le 30, M. de Vendôme fît attaquer, à une heure après dîné, le chemin couvert, malgré le feu continuel des ennemis. M. de Ghartoigne, lieutenant général, non seulement se logea sur un angle du chemin couvert, mais il s'empara aussi d'une redoute qui le protégeoit. On ne put se loger sur l'angle saillant du centre; M. de Grancey, brigadier, en fut toujours repoussé. Il s'y logea la nuit d'ensuite, par la sape. A l'égard du marquis de Bouligneux, maréchal de camp, il fît son logement sur l'angle saillant de la gauche, après avoir été repoussé plusieurs fois. Nous perdîmes dans cette attaque, qui dura trois heures et demie, une centaine de grenadiers et de soldats de tués, et cent soixante blessés; un capitaine de notre régiment, nommé La Haye-le-Gomte, brave officier et bon gentilhomme de Normandie', deux lieutenants des grenadiers, M. de Préchac, capitaine du régiment de Piémont, et M. d'Ivours-, commissaire d'artillerie, de tués, trois capitaines et six lieutenants de blessés. Selon les déserteurs qui arrivèrent le lendemain au camp, les ennemis y fîrent une grande perte, et ils nous

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