Mémoires militaires, t. IV, p
4. C'est un espace, défendu par un parapet, qu'on laisse au pied d'un rempart pour empêcher l'approche de la contrescarpe. [Dictionnaire de Trévoux.)
5. Ou fougasse ; petit fourneau de mine, en forme de puits, qu'on pratique sous un ouvrage pour le faire sauter. [Ibid.)
6. Jacques d'Astorg, comte d'Aubarède, qui parvint au grade de brigadier.
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ton. Il n'en fut point incommodé. Cette situation le gênoit si violemment, qu'il crioit comme un diable : « Je suis d'Aubarède! » afin qu'on vînt au plus vite le déterrer.
Depuis le 2l1 jusqu'au 26, on ne fut occupé qu'à battre en brèche et à ruiner les défenses de la place; mais, en vérité, nous ne faisions que de l'eau claire, car toutes les trois enceintes étoient bâties sur le roc vif.
Belle sortie des ennemis. — Le 26, il faisoit un brouillard si épais, qu'on ne se voyoit point ni les uns ni les autres. A l'entrée de la nuit nous entendîmes un feu terrible de mousqueterie du côté de la tranchée. Nous nous amusions à jouer à l'hombre. Nous sortîmes promptement de notre chambre pour savoir ce qui se passoit. Nous vîmes beaucoup de soldats qui se retiroient bien vite dans le quartier général; ils nous dirent qu'il y avoit un gros corps de cavalerie en bataille dans la plaine entre Verue et nous, que les housards ennemis n'étoient qu'à deux portées de fusil de nos maisons. Comme nous fûmes très longtemps sans avoir aucune nouvelle de ce qui se passoit à la tranchée, nous étions dans des inquiétudes épouvantables. Enfin, au bout de deux heures et demie, nous apprîmes que la cavalerie ennemie, qui s'étoit mise en bataille dans la plaine, s'étoit retirée à Crescentin ; que, dans le temps que M. de Vendôme sortoit de la tranchée (il n'en étoit qu'à vingt pas), les ennemis, au nombre de plus de trois mille hommes, dont beaucoup de grenadiers, avoient attaqué nos tranchées par trois endroits différents ; qu'une colonne, à la faveur d'un brouillard qui étoit fort épais, s'étoit glis-
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sée le long de la montagne à la gauche de nos tranchées, et, sans que les troupes qui y étoient s'en aperçussent, elle avoit gagné la hauteur de Guerbignan, qui dominoit toutes nos tranchées, et que, de là, tombant sur elles, elle les avoit nettoyées et comblé une grande partie ; qu'ensuite, s'étant jointe aux deux autres troupes, elles avoient encloué tous nos canons ; que M. d'imécourt, maréchal de camp, avoit été tué, M. de Ghartoigne, lieutenant général et directeur général de l'infanterie, blessé mortellement et fait prisonnier : ils étoient tous deux de tranchée, aussi bien que M. de Maulévrier-Langeron ; que nous avions été obligés, dans le commencement, d'abandonner toutes nos tranchées. Ge fut un bonheur pour la France que M. de Vendôme eût été si près de la tranchée lorsque les ennemis s'en emparèrent. Ge prince, sans perdre de temps, rassembla tous les fuyards; il en mit une trentaine dans le cornichon \ petit fort à la queue de la tranchée. Il envoya chercher les quatre brigades qui étoient baraquées, comme je l'ai déjà dit, près de Guerbignan ~. Pendant ce temps, il rallia toutes les troupes qui avoient abandonné les tranchées. Les brigades arrivées, le comte de Ghamillart marchant à la tête de celle de Lyonnois, elles attaquèrent les enne-
1. Les dictionnaires ne donnent pas ce mot comme terme de fortification ; notre auteur en explique lui-même le sens.
2. Notamment celles de Lyonnais et de Médoc. Les Mémoires de Sourches (p. 155), en racontant cette sortie d'après les lettres de l'armée arrivées à Paris le 3 janvier, font ressortir la valeur du duc de Vendôme et celle de MM. de Guerchy et d'Aubeterre. Les Mémoires militaires (t. IV, p. 290-291) ne semblent pas donner à cette affaire la même importance que notre auteur. Voyez aussi V Histoire militaire de Quincy, t. IV, p. 382-384.
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mis si rapidement de toutes parts, qu'ils se renversèrent les uns sur les autres pour gagner au plus vite Verue et le bas de la montagne. Ils en massacrèrent beaucoup. Les ennemis voulurent tenir ferme dans le chemin couvert; mais, nos troupes acharnées ne leur donnant pas le temps de se reconnoître, ils en furent si promptement attaqués, qu'ils furent obligés de nous l'abandonner, après y avoir laissé beaucoup des leurs de tués. Nous eûmes deux cents hommes de tués et de blessés. M. d'Airon, lieutenant-colonel de l'Ile-de- France, de Rasilly^, major de Médoc, de Gadagne, capitaine de Piémont^, de Ghampigny, capitaine de Lyonnois, Pointis, capitaine des fusiliers, et MM. Vassac, Pogne et Soûlas, lieutenants, et M. de Montferrier^, aide de camp de notre général, furent tous blessés. Il y eut quatre cents hommes des ennemis de tués et plus de six cents de blessés. On leur prit cent trente grenadiers ou soldats, un lieutenant-colonel, deux capitaines et deux lieutenants.
Il est certain que le projet de cette grande sortie fit beaucoup d'honneur au duc de Savoie, qui, pour nous donner le change, fit mine de vouloir abandonner et Verue et Grescentin. Il fit miner le donjon et tous les autres ouvrages de la place, et il fit courir le bruit
1. Michel-Gabriel de Launay de Rasilly, fils aîné du sousgouverneur des petits-fils du roi, obtint en 1707 le régiment d'infanterie de Lostanges; il mourut en 1710, ayant succédé à son père comme lieutenant général de Touraine.
2. INous ne savons si cet officier était de la maison des Galéan, originaires de Florence, devenus comtes et ducs de Gadagne.
3. Cet officier était peut-être frère ou fils de J.-A. Duvidal, marquis de Montferrier, qui fut syndic des états de Languedoc de 1700 à 1733.
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qu'il les feroit sauter tous le 26; qu'ensuite il s'en retourneroit à Turin, afin de mettre sa capitale en état de résister aux armes des François. Il fît une très grande faute, qui étoit de n'avoir pas envoyé assez de travailleurs pour combler entièrement nos tranchées, mettre le feu à nos affûts et enclouer bien tous nos canons. Certainement, s'il avoit eu cette précaution, nous aurions été obligés de lever le siège.
La première chose que fît le duc de Savoie, en retournant à Grescentin, ce fut d'aller voir M. de Ghartoigne, qu'il avoit connu dans le temps qu'il étoit généralissime de notre armée en Italie. Ge prince lui témoigna combien il étoit sensible au malheur qui lui étoit arrivé; il lui fit cent mille politesses, il lui offrit tout ce qui dépendoit de lui, et, jusqu'à la mort de ce brave ofïicier général, qui mourut quelques jours après, il l'alloit voir, et il envoyoit à tout moment pour savoir de ses nouvelles.
Pendant toute la nuit qui suivit cette action, les assiégés ne faisoient que nous crier : « Qu'avez-vous « fait, pauvres François, de vos canons? Vous les avez « apparemment vendus pour vous en aller ! Vous ne « resterez pas longtemps ici? » Mais ils furent bien surpris, à la petite pointe du jour, d'entendre ronfler tous nos canons et de voir que nos mortiers ne discontinuoient pas de leur jeter des bombes. Gette même nuit, M. de Vendôme fît réparer tout le désordre que les ennemis avoient fait dans les tranchées ; il fît désenclouer tous nos canons et tous nos mortiers, et il fît mettre toutes choses en si bon état que, le lendemain, il ne paroissoit aucun désordre. Auparavant de quitter les tranchées, il fît doubler les troupes qui
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étoient de garde sur les hauteurs de Guerbignan, où les ennemis nous avoient fait le plus de mal.
Depuis la sortie du 26 jusqu'au 4 janvier 1705, il ne se passa rien de considérable.
Le 4, nous vîmes passer le long du Pô, au delà, deux bataillons ennemis qui passèrent le pont pour se rendre dans la communication en deçà de la rivière. On fit sauter ce même jour une mine, qui renversa l'autre partie de la fausse braie.
Le 5 fut employé par le mineur à faire plusieurs branches pour faire des fourneaux.
Le 6, une batterie de six pièces de canon étant achevée sur le chemin couvert, elle tira si vivement, qu'elle fit une ouverture à la première et à la seconde enceinte.
Le 7, on fit deux autres batteries pour les battre à revers. Ce même jour, nous travaillâmes à faire quelques retranchements pour mettre hors d'insulte le quartier général, parce que les ennemis pouvoient passer le Pô, cette rivière étant guéable à plusieurs endroits.
Le 8, le 9 et le 10 furent employés à réparer le désordre que la neige avoit fait dans nos tranchées. On en avoit jusqu'aux genoux ; nous y avions un froid affreux. Il nous étoit défendu d'y faire du feu. Au commencement, nous en faisions; mais les assiégés nous y tuoient bien du monde : ils plongeoient dans nos tranchées, qui étoient la plus grande partie enfilées.
Le 1 \ , comme je marchois à la tète de cinquante hommes, pour aller relever le même nombre d'hommes qui étoient dans une redoute construite sur le bord du Pô, vis-à-vis la pointe d'une île qui est au-dessus de
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Verue, à un petit quart de lieue de cette place, je vis venir à moi une centaine d'housards ennemis. J'envoyai sur-le-champ en avertir le major de notre brigade par un soldat, et je continuai mon chemin, faisant marcher ma petite troupe bien serrée, le soldat ayant la baïonnette au bout du fusil, et, de temps en temps, ' je faisois tirer quelques coups. Il y avoit de notre quartier à la redoute une demi-lieue. J'y arrivai sans que les ennemis osassent m'attaquer. De la redoute, nous les vîmes traverser la rivière. Dans ce temps on fit venir de nouvelles pièces de canon d'Alexandrie ; car celles qui étoient devant Verue étoient si défectueuses, qu'on ne pouvoit plus s'en servir.
Depuis le 1 1 jusqu'au %0, les soldats ne furent occupés qu'à réparer le désordre que nous causoit toujours le mauvais temps. Toujours de la neige ou toujours de la boue jusqu'aux genoux, malgré les fascines que nous y jetions afin d'y pouvoir marcher. A l'égard des ennemis, ils ne s'endormoient pas; ils réparoient pendant les nuits le dommage qu'on leur faisoit pendant le jour.
Le 21 et le 22 furent employés de même de part et d'autre, par rapport au temps fâcheux qui continua jusqu'au 25. Ce jour-là, M. de Gonck, colonel irlandois, fut blessé d'un éclat de bombe, et le duc de Vendôme fit travailler à une redoute à deux cents toises de la gauche de l'attaque, sur une petite éminence dont le front et le flanc étoient escarpés. On fit une communication depuis cette redoute jusqu'à l'attaque de la gauche. Pendant que j'y faisois travailler, une bombe venant de la place y tomba, et elle vint roulera l'endroit où j'étois. Quel parti prendre? Ou il
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falloit me précipiter de haut en bas, je me serois tué cent mille fois, ou attendre, en me jetant par terre, cette diable de bombe. Je pris le dernier parti. Par bonheur pour moi, elle ne creva point ; j'en eus pour la peur, et j'en remerciai le bon Dieu. Cette redoute faite, M. de Vendôme y fit mettre neuf pièces de canon de vingt-quatre, afin de battre un petit fort qui étoit entre Verue et la communication, et de s'en emparer lorsque la brèche seroit assez grande pour l'attaquer. C'étoit un moyen de rompre la communication de Verue au P6 et de s'assurer l'attaque de la gauche .
Pendant les travaux, les ennemis ne s'endormoient pas. Ils mirent cinquante pièces de canon sur la troisième enceinte et dans le donjon, dans lequel il y avoit, dès le commencement du siège, deux pièces de trente-six, que nous ne pûmes jamais démonter. Nous les appelions Jérôme et sa femme. Ils étoient dessous une voûte faite dans le roc vif; les bombes qu'on y jetoit continuellement n'y faisoient rien.
Il nous arrivoit tous les jours beaucoup de déserteurs.
La nuit du 217 au 28, les assiégés, voulant nous chasser de quelques postes qui les incommodoient, firent une sortie de cent cinquante grenadiers ; mais ils furent si bien reçus, qu'ils s'en retournèrent au plus vite. On y prit quelques grenadiers et un officier.
Enfin M. de Vendôme, persuadé qu'il ne pourroit jamais se rendre maître de Verue à moins qu'il ne s'emparât auparavant de la communication, fit construire deux batteries, l'une de seize pièces de canon et l'autre de huit. Elles furent achevées le 5 février. On y
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conduisit sur-le-champ vingt-quatre pièces de canon qui nous étoient arrivées depuis peu de France. Elles étoient aussi destinées pour battre le fort entre Verue et la communication. On fit aussi une tranchée qui alloit droit audit fort; l'on fit d'autres batteries pour battre le donjon, le bastion, et l'ouvrage qui faisoit la communication de l'un à l'autre. Tous ces travaux nous menèrent jusqu'au 10. M. de Lapara^, connu pour un de nos plus habiles ingénieurs de France, arriva ce même jour^ : ce qui nous donna l'espérance que nous verrions bientôt finir nos travaux et nos peines. Il y eut un grand conseil de guerre, où tout le monde fut du même avis, qu'il étoit absolument nécessaire de nous rendre maîtres de la communication.
Le lendemain de son arrivée, M. de Lapara fut se promener dans toutes les tranchées. On fit faire quantité d'échelles. Les ennemis le sachant, ils ne faisoient que nous demander ce que nous en voulions faire : on leur répondoit que c'étoit pour les pendre.
Le 26, il nous arriva deux habiles bombardiers piémontois. Ils avoient déserté parce que M. de Savoie ne les avoit pas récompensés comme il le leur avoit promis. Le 2i7, ils proposèrent à M. de Vendôme de leur laisser diriger quelques mortiers. Auparavant de déserter, ils s'étoient informés où étoit un saucis-
1. Louis Lapara de Fieux, un des meilleurs ingénieurs après Vauban, avait le grade de lieutenant général depuis l'année précédente; il fut tué en 1706 au siège de Barcelone.
2. Bien qu'il fût brouillé avec M. de Vendôme, Chamillart l'avait fait partir fort précipitamment, le 23 janvier, pour diriger l'attaque de Verue, sans lui laisser même vingl-quatre heures pour se préparer. [Sourc/ies, t. IX, p. 165.)
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son qui conduisoit à trois mines. Ils ajustèrent si bien leurs mortiers, que la troisième bombe mit le feu au saucisson, qui fit sauter une partie du bastion de la droite de la seconde enceinte', et cela en présence de M. de Vendôme, qui les récompensa sur-le-champ parfaitement bien. [Nul] général n'a jamais été si généreux que lui.
Les ennemis ne discontinuoient pas d'accabler nos tranchées de pierres. C'est ce qui nous incommodoit le plus, surtout pendant les nuits. Tous les jours nous perdions beaucoup de monde. Le 29, M. de Villeneuve, capitaine au régiment de Médoc, en fut tué ; il étoit de mes amis. Ce même jour, M. de Salières^, commandant de l'artillerie, fut blessé d'une grenade.
Prise de la communication. — Depuis plusieurs jours nous nous préparions à faire les dispositions nécessaires pour attaquer la communication. Notre général, pour donner le change au duc de Savoie, fit courir le bruit, le l""" mars au matin, que nous donnerions un assaut général, la nuit suivante, au corps de la place. Il donna l'ordre que vingt compagnies de grenadiers et dix bataillons se tinssent prêts à marcher. Il fit venir, ce même matin, le comte de Vaubecourt, à qui il communiqua son projet^, et, en même
1. Mémoires de Sourches, t. IX, p. 192; Histoire militaire, t. IV, p. 389.
2. François-Balthasar de Chastellard, marquis de Salières, qui mourut en 1720.
3. L'Histoire militaire de Quincy (t. IV, p. 390) dit que ce fut seulement le soir, et peu de temps avant l'attaque, que Vendôme communiqua la disposition à M. de Vaubecourt, qui commandait les troupes de la tranchée.
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temps, il lui remit une copie de la disposition de la manière qu'on attaqueroit la communication. Le marquis de Dreux me fit part le lendemain de cette copie, que j'envoyai ensuite à mon frère, auteur de V Histoire militaire de Louis XI V^.
Que je fasse ici une petite réflexion. Je puis assurer que les journaux que j'ai faits de mes campagnes, et que je lui envoyois très exactement, n'ont pas peu contribué à l'aider pour composer cette histoire ; il ne m'en a pas marqué la moindre petite reconnoissance. Je me suis trouvé à dix-neuf sièges, à six batailles et à plusieurs actions particulières, où j'ai reçu plusieurs blessures, une entre autres à la bataille de Turin, en faisant, je puis le dire, plus que mon devoir. Tout le régiment en a été témoin ; mais je ne m'en glorifie point : tout bon citoyen et tout bon officier attaché à son prince doit le faire. Il n'en dit pas un mot, quoique son exactitude va souvent si loin, qu'il met : « Dans « une telle affaire, il y a eu un cheval de blessé. » Cela m'étonne d'autant plus, qu'il donne des louanges à bien des officiers généraux, en vérité qui ne les méritoient guère, et dont les actions devroient être ensevelies pour jamais. J'attribue ce silence à mon égard à un peu de jalousie de métier qu'il a toujours eue contre moi, et queje lui pardonne de tout mon cœur.
Revenons à la disposition de l'attaque de la communication.
Attaque du pont : le comte de Vaubecourt, lieute-
1. Celui-ci l'a reproduite presque textuellement (t. IV, p. 390-392) ; il y a cependant quelques légères différences avec le texte que va donner notre auteur.
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nant général, M. de Mauroy, maréchal de camp, le marquis de Leu ville, brigadier. Compagnies de grenadiers : Leuville, deux compagnies; la Sarre, une compagnie. Bataillons qui les soutenoient : la Sarre, un bataillon ; Croy, deux bataillons.
Face du Pô : M. des Touches \ brigadier. Compagnies de grenadiers : Auvergne, deux compagnies; Grancey, une compagnie. Bataillons pour les soutenir : Bresse, un bataillon ; Cambrésis, un bataillon ; Bassigny, un bataillon.
Attaque de la face et du flanc intérieur du bastion gauche : le comte d'Estaing, maréchal de camp ; M. de CoUandres^, colonel. Compagnies de grenadiers : Normandie, trois compagnies; Flandre ^ une compagnie ; soutenues par leurs régiments.
Attaque de la courtine : M. de Siougeat*, briga-
1. Michel Le Camus des Touches, colonel du régiment de Cotentin, qui venait de recevoir, au mois d'octobre 1704, le grade de brigadier.
2. Thomas Le Gendre, seigneur de CoUande, et non Col~ landres, « dont la figure intéressoit les dames, » dit Saint- Simon, avait eu dès 1702 « l'agrément d'un régiment » et avait voulu acheter celui de la Reine ; mais, le Roi s'y étant opposé, il s'était rabattu sur celui de Flandre. C'était le fils d'un grand négociant de Rouen.
3. Créé à la même époque que les deux précédents, ce régiment fut réuni en 1762 à celui de Touraine; mais le nom fut peu après donné à un autre régiment, dont la venue à Versailles, au début de la Révolution, fut la cause indirecte des journées des 5 et 6 Octobre 1789.
4. Jean de Laizer, marquis de Siougeat, était brigadier depuis le 26 octobre précédent ; il eut peu après le régiment d'Oléron et parvint en 1734 au grade de lieutenant général.
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dier ; M. d'AuLrey S colonel. Compagnies de grenadiers : Bourgogne, deux compagnies ; Flandre, une compagnie; soutenues par les deux bataillons d'Auvergne.
Attaque de la face intérieure du bastion de la droite : le comte de Coigny^, brigadier; le marquis de Lambert 3, colonel. Compagnies de grenadiers : Piémont, trois compagnies; Périgord, une compagnie ; soutenues par les trois bataillons de Piémont.
Six grenadiers de chaque compagnie de grenadiers qui dévoient attaquer la communication portoient chacun six grenades ; cinq portoient des échelles, dix portoient des haches, et chaque grenadier avoit trente coups à tirer.
M. de Mauroy avoit avec lui* soixante travailleurs de rile-de-France, avec vingt haches et quarante gabions, qui suivoient les troupes destinées à l'attaque de la communication, cent travailleurs du régiment de Flandre et cinquante gabions, cinquante de Grancey et vingt-cinq gabions, cinquante de Bourgogne et vingt-cinq gabions ; M. de Lorme% avec cent travailleurs de Bourgogne, cent de la Sarre et cent de Grancey, cent gabions.
1. Henri Fabri de Moncault, comte d'Autrey, colonel du régiment de la Sarre, de la même famille que Peiresc.
2. François de Franquetot, marquis de Coigny, était brigadier depuis 1702 et commandait le régiment de cavalerie Royal-étranger; il devint maréchal de France en 1734.
3. Henri-François de Lambert de Saint-Bris, colonel depuis 1697 du régiment d'infanterie de Conti.
5. Simon de Lorme, lieutenant de la compagnie des mineurs de Vallière, fut tué en 1747 au siège de Berg-op-Zoom, à soixante-douze ans, étant maréchal de camp depuis 1744 et doyen des capitaines de mineurs.
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Disposition de l'attaque du Pô : M. de Las Torrès, lieutenant général; M. d'Orgemont, maréchal de camp; M. Le Guerchoys, brigadier; le prince Pio et le marquis de Tessé^ colonels. Compagnies de grenadiers : Lombardie, trois compagnies ; Louvignies^, une compagnie ; Bonezane, une compagnie ; soutenues par les deux bataillons de Tessé ' et un de Vendôme.
Attaque de la face et ilanc intérieur du bastion de la droite : M. de Morangiès et M. de ChoiseuH, colonels. Cinq compagnies de grenadiers : Vieille-Marine, trois compagnies; Morangiès, une compagnie; Tournaisis, une compagnie. Soutenues par neuf bataillons : deux d'Anjou, un de Lombardie, un de Médoc, un de Bonezane, un de Louvignies et les trois de la Vieille-Marine.
Attaque de la courtine : le marquis de Bonnelles^, colonel. Quatre bataillons : deux de Lyonnois, deux de Maulévrier.
Je soupai le soir de l'attaque chez le marquis de
1. René-Mans de Froullay, marquis, puis comte de Tessé, fils aîné du maréchal, colonel depuis 1696, avait été pourvu le 17 octobre 1703 du régiment d'infanterie vacant par la mort du duc de Lesdiguières. Il se remettait à peine d'une grave blessure reçue le 6 novembre précédent à l'attaque des retranchements de Guerbignan.