‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 67 sur 183 · Sur le Serio, au sud de Crème · texte numérisé non relu

Sur le Serio, au sud de Crème

142 MÉMOIRES [Oct. 1705]

remarquai : il avoit un habit d'écarlate galonné d'or; il étoit monté sur un cheval bai. Il fit tout ce qu'il put pour empêcher ses soldats de plier. J'étois de piquet : nous attaquâmes la gauche des ennemis, qui perdirent dans cette action environ trois cents hommes ; nous leur fîmes cent prisonniers.

Il est à remarquer qu'étant campés à Tormo*, nous avions les Impériaux devant nous, et que, par notre rapide marche, nous étions derrière eux, et que par conséquent nous leur coupions les vivres. Ainsi le dessein du général de l'Empereur étoit de passer le Serio à Montodine pour tâcher de se mettre entre Crémone et notre armée, et afin de se mettre à portée de ses vivres : ce qui nous auroit jetés dans un terrible embarras. Mais M. de Vendôme, par sa marche précipitée, non seulement rompit son projet, mais il pensa mettre le prince Eugène dans la situation du monde la plus triste ; car il fut contraint d'aller passer cette rivière ^ presque à sa source pour aller faire subsister son armée du côté de Salo. C'est ce qui se verra dans la suite. Ce prince se voyant donc prévenu par notre général, il fit rompre, pendant la nuit du 16 au 17, le pont qu'il avoit fait construire à Montodine, et, dès la petite pointe du jour, il marcha avec beaucoup de diligence vers Crème, afin de pouvoir passer le Serio sur le pont qui est près et sous le canon de cette ville.

Canonnade près de Crame. — Le 18 au matin, la tète de son armée commençoit à le traverser, et ses

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