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[Sept. 1706] DU CHEVALIER DE QUIXCY. 195
jours, de nous venir attaquer de ce côté-là, et, pour exécuter son projet, il fit décamper son armée le 7, avant le jour, et il la fit marcher sur dix colonnes, dont huit d'infanterie et deux de cavalerie, après avoir fait distribuer son canon aux brigades d'infanterie.
M. le duc d'Orléans^ fut informé par ses espions, la nuit du 6 au 7 à minuit, que les ennemis se préparoient à venir nous attaquer du côté de Lucento^. Il se rendit sur-le-champ chez le maréchal de Marcin, qui étoit couché et qui dormoit très tranquillement, pour lui faire part de ce qu'on venoit de lui rapporter. « Eh ! Monseigneur, lui dit le maréchal, tranquillisez- « vous ; je sais le dessein des ennemis : ils vont res- « ter le plus de temps qu'ils pourront dans leur camp « de la Vénerie, pour nous ôter la communication de fi Suse. Soyez certain qu'ils ne nous attaqueront « point. » M. le duc d'Orléans s'en retourna. Mais, deux heures après, on vint encore l'avertir que les ennemis étoient en mouvement pour venir du côté de Lucento. Il retourna promptement chez le maréchal^, qui, enfin revenu de son opiniâtreté et de son assoupissement, un peu trop tard pour le malheur de la France, s'habilla, monta à cheval et se rendit avec le duc d'Orléans entre la Doire et la Sture. Comme il n'y avoit aucune ligne de ce côté, ils firent tirer un
1. Il faut comparer le récit qui va suivre avec celui de Saint- Simon, rédigé d'après les lettres et les conversations du duc d'Orléans [Mémoires, éd. Boislisle, t. XIV, p. 48 et suivantes); il y a entre les deux une grande analogie.