llautcourt est une localité du canton de Clarv
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après l'assemblée, l'armée s'ébranla. Elle marcha sur neuf colonnes dans une belle plaine qui conduisoità la rivière de la Selle. Il y avoit quatre colonnes de cavalerie, quatre d'infanterie, et la neuvième, qui étoit dans le centre, étoit composée de l'artillerie et des pontons. D'un seul coup d'œil, on voyoit l'avantgarde, le corps de bataille et l'arrière-garde. Tous les officiers généraux étoient dans leurs postes respectifs. Gomme nous marchions sur l'ennemi, les officiers particuliers et les soldats se tenoient dans leurs rangs. On a beau me parler des spectacles, des comédies, des opéras, des carrousels, enfin de tous les plus beaux spectacles du monde, il n'y en a point certainement qui frappe plus les yeux qu'une armée en bataille qui attend l'ennemi, ou qui est en marche pour le combattre. Toutes les colonnes marchoient à la même hauteur, avec un espace de deux cents pas de l'une à l'autre. En cas que les alliés eussent marché à nous, les quatre colonnes de la droite, en se dépliant à droite, et les quatre colonnes de la gauche, en se dépliant de même à gauche, nous nous serions trouvés en moins de rien en bataille, en s'étendant et sur la droite et sur la gauche. La première colonne de la droite, composée de la seconde ligne de la droite de la cavalerie, devoit faire halte un moment, pour donner le temps à la seconde colonne de cavalerie, composée de la première ligne de la droite de la cavalerie, de marcher en avant, afin de prendre la distance du terrain nécessaire qui doit se trouver entre la première ligne et la seconde, et ensuite pour marcher à la même hauteur de la droite. La troisième colonne, composée de la seconde ligne de notre infanterie, devoit suivre la
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seconde ligne de notre cavalerie, et la quatrième colonne, composée de la première ligne de la droite de l'infanterie, devoit suivre la seconde colonne de la cavalerie, qui faisoit, comme il est dit ci-dessus, la première ligne de la droite de la cavalerie. Les quatre colonnes de la gauche dévoient faire la même manœuvre sur leur gauche que les quatre colonnes de la droite auroient faite sur leur droite.
Nous arrivâmes sur la Selle dans cette disposition. Notre droite fut postée à Saint-Souplet, et notre gauche à Monlay*, cette rivière devant le front de notre armée. Nous séjournâmes dans ce camp le 21 . Ce jour fut employé à faire des ponts sur la Selle et à faire des chemins pour nous conduire vers la Sambre.
Le 22, on battit la générale et on sonna le bouteselle à la petite pointe du jour, une heure après l'assemblée; et sur-le-champ l'armée se mit en marche pour passer la Selle. En arrivant sur cette rivière, nous fîmes halte jusqu'à midi. Nous en profitâmes pour manger notre gigot. Lorsque nous eûmes passé la rivière à une demi-lieue au-dessus du Gateau-Gambrésis, nous marchâmes une demi-lieue en avant, et ensuite nous nous repliâmes sur notre droite. Nous arrivâmes de bonne heure dans notre camp, d'où nous apercevions les ennemis qui travailloient à élever des retranchements; nous n'étions éloignés d'eux que d'une lieue. On appuya la droite de l'armée à Ghâtillon 2,
1. Ces deux villages appartiennent au canton actuel du Cateau-Carnbrésis, le premier au nord, l'autre au sud de ce bourg, qui se trouvait ainsi au centre de la ligne.
2. Ou plutôt Catillon, selon la prononciation picarde; village à deux lieues à l'est du Cateau.
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village situé sur la Sambre, et notre gauche sur la Selle, près du Gateau-Cambrésis. On employa le reste du jour et toute la journée du 2l3 à faire des ponts sur la Sambre : ce qui nous fit croire que le dessein du maréchal étoit d'attaquer les alliés au delà de cette rivière. L'ordre fut donné une heure avant la nuit. Il fut dit que la retraite serviroit d'assemblée, et que sur-le-champ l'armée marcheroit sur sa droite. Je vis passer M. de Contades, major général de l'armée, un peu auparavant qu'elle fut battue ; il galopoit du côté de la gauche de l'armée.
Quelle fut notre surprise, grand Dieu ! la retraite étant battue, de voir que notre marche se faisoit sur notre gauche. J'en fus demander la raison à M. de Péhssan^ lieutenant-colonel du régiment de Piémont et brigadier de notre brigade. Il me dit que nous allions nous porter entre le Quesnoy et l'armée des ennemis, afin d'occuper un camp des plus avantageux, et que, par cette position, il étoit impossible au prince Eugène de faire le siège de Landrecies, parce que nous lui ôtions entièrement la communication d'avec Denain, et par conséquent d'avec Marchiennes, d'où il devoit tirer ses provisions et de bouche et de guerre, mais que, s'il prenoit ce parti^, ce poste étoit si bon, qu'il étoit à présumer qu'il perdroit la moitié de son armée auparavant que de pouvoir nous y forcer.
Comme nous faisions l'arrière-garde, notre marche étoit des plus pesantes : on faisoit un pas, et on s'arrétoit un demi-quart d'heure. Rien de plus ennuyant