‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 142 sur 203 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. C'est le dernier des quatre régiments suisses levés en 1672; son second colonel, Gabriel Hessy, le commanda pendant quarante ans, de 1689 à 1729.

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pour donner un assaut général au corps de la place, le comte de Growestein jugea à propos de bultre la chamade^ ; il fut obligé de subir le joug à la mode du vainqueur, c'est-à-dire de se rendre lui et sa garnison prisonniers de guerre^. Cette place ne tint que dix jours de tranchée ouverte. Les troupes qui composoient cette garnison furent envoyées en France.

Ce fut par cette dernière conquêle que M. de Villars termina une des plus glorieuses campagnes qui se soient faites sous le règne de Louis XIV. Je puis dire que jamais général françois n'a si bien profité desavantages remportés sur l'ennemi que ce maréchal. On a pu remaniuer qu'il avoit été obligé d'être sur la défensive au commencement de celte campagne, et l'habileté qu'il eut de changer cette guerre défensive en une guerre offensive. C'est tout ce qu'il y a de plus difficile dans l'art militaire, lorsque surtout vous êtes inférieur en troupes à votre ennemi.

La plupart des victoires remportées par nos plus grands capitaines étoient suivies seulement par la prise d'une place. Après l'alTaire de Denain, le maréchal de Villars, s'étant emparé de tous les postes qui étoient sur la Scarpe depuis Douay jusqu'à ïournay, et après avoir obligé les ennemis de lever le siège de

1. Sur le siège et la prise de Bouchain, on peut voir les correspondances de la Gazette d'Amsterdam, n°' lxxxiv à lxxxvii, et de la Gazette de France, p. 527, 539, 549-550; les Mémoires militaires, p. 117-121; Y Histoire militaire de Quincy, p. 95-98 ; les Mémoires de Villars, p. 175-177.

2. M. de Growestein fut envoyé à Reims « parce que c'étoit lui qui avoit fait, relie même campagne, une course en Champagne qui avoit fort effrayé le pays » [Mémoires de Saint-Simon, éd. 1873, t. IX, p. 375).

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Landrecies, fait la conquête de trois places des plus fortes de la Flandre; et en ' présence de qui? Du prince Eugène, estimé le plus grand capitaine de l'Europe.

Dans cette campagne, notre général détruisit ou fît prisonniers la valeur de cinquante bataillons, sans compter la cavalerie et les dragons.

Nous fîmes devant le camp du Quesnoy trois réjouissances, savoir : la première, pour la prise de Douay, la seconde, pour celle du Quesnoy, et la troisième, pour celle de Bouchain. Auparavant, les généraux françois, après avoir remporté une victoire ou fait la conquête d'une place, avoient la modestie d'en laisser faire la réjouissance aux généraux des autres armées. C'est le maréchal de Villars qui, le premier, a mis cette coutume en usage, voyant que les ennemis en faisoient non seulement pour les victoires qu'ils remportoient, mais aussi pour les batailles qu'ils avoient perdues, comme fît le prince Eugène pour le prétendu gain de la bataille de Luzzara\ et touchant le combat de Gassano^, où nous restâmes maîtres du champ de bataille, et d'où il fut obligé de se retirer pour aller à Treviglio, bourg éloigné de Cassano de trois milles.

Je me rendis, quelques jours après la conquête de Bouchain, à Valenciennes. Je me trouvai chez le maréchal de Villars, qui y étoit arrivé le même jour que j'y étois arrivé, dans le temps qu'on vint l'avertir que Messieurs les officiers de la ville venoient pour l'haranguer. Celui qui en étoit chargé parla avec une

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