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2. Saint-Simon raconte une dispute qu'il eut avec Mélac en 1702 {Mémoires, éd. Boislisle, t. X, p. 288-289).
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bien raison pour ces deux qualités : la politesse ne lui avoit pas été donnée en pai'tage, et il étoit le tils d'un marchand de Paris, nommé BidaP ; tout le monde le sait. Malgré cela, il est très bon officier général, d'une grande valeur et d'un grand détail'. Sa fantaisie étoit que l'on fût persuadé qu'il étoit étranger, et, pour servir son caprice, il n'avoit que des Allemands à son service, et il afîectoit, lorsqu'il donnoit à manger, de ne leur parler qu'allemand.
La nuit du 0 au 7, on lit, à l'attaque de la ville, plusieurs batteries de canon et de mortiers dans la seconde parallèle. M. d'Esquidy, capitaine des gardes du maréchal de Villars^, fut blessé à la tête, près de son maître; il étoit Irlandois, et l'homme du monde le plus entendu pour les sauvegardes*. Ce môme jour, à l'entrée de la nuit, je marchai, à la tète de cent travailleurs, à la tranchée devant les châteaux ; nous
1. Les Bidal étaient des marchands de la rue aux Fers, à Paris, dont l'un fit même banqueroute en 1658. Le père du chevalier d'Asfeld, Pierre Bidal, fut agent général de Christine de Suède en France, Italie et Espagne, et fut anobli en 1653 par cette princesse, qui lui donna la baronnie d'Asfeld dans le duché de Brème ; il fut ensuife résident de France à Hambourg. Le nom d'Asfeld fut transporté par le maréchal sur la terre de Jouy en Champagne.
2. Il est étonnant que notre auteur, écrivant vers 1742, ne dise pas que le chevalier d'Asfeld est devenu maréchal de France en 1734.
3. Les Me moires de Villnrs, t. II!, p. 15î) et 219, l'appellent M. de Squiddy ou Desguiddy, et l'éditeur mentionne quelques lettres de lui.
4. Cela rentrait, paraît-il, dans ses fonctions de capitaine des gardes du maréchal, qui, on le sait, « engraissa son Vaux » avec les contributions des pays ennemis.
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fîmes, avec d'autres détachements, deux zigzags depuis la seconde parallèle, l'un pour monter au fort de l'Étoile et à celui de Saint-Pierre, et l'autre à l'Escargot ; j'eus six hommes de mon détachement de tués et dix de blessés, en comptant un de mes sergents. Nos tranchées de ce côté-là ne nous servoient presque de rien. On travailloit sur le roc vif, et nous étions vus depuis la tête jusqu'aux pieds. Je remarquai que nos canons faisoient beaucoup de bruit, mais peu d'effet.
Sortie de la ville. — La nuit du 7 au 8, il ne se passa rien de considérable, ni du côté de la ville, ni du côté des forts; mais, la nuit du 8 au 9, les ennemis, voulant profiter d'une pluie continuelle qui tomba pendant presque vingt-quatre heures, sortirent de la ville à la petite pointe du jour, et se jetèrent avec précipitation dans nos tranchées de la droite. Mais M. de Nangis, maréchal de camp, y fit marcher sur-le-champ tous les grenadiers et tous les piquets de la droite, qui les repoussèrent dans leurs palissades. Le désordre qu'ils firent dans les sapes fut bientôt réparée
Soi'tie des châteaux. — Le soir, ils en firent une autre du château, composée de quatre cents hommes, sur la gauche de la sape, où étoient les compagnies de grenadiers de Royal-Italien, de Sparre- et de Bugey,
1. Sur cette sortie, voyez les Mémoires de Villars, p. 220, la Gazette, p. 504, V Histoire militaire, p. 271-272, et les Mémoires militaires, p. 369-370. C'était M. de Lannion qui commandait la tranchée.
2. Régiment formé en 1690 et qui prit en 1742 le nom de Royal-Suédois. Son colonel, depuis 1694, était Eric-Magnus Toffeta, baron de Sparre.
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qui plièrent; mais les réj^iments de ces compagnies vinrent à leur secours, et ils chassèrent à leur tour les assiégés. Gomme les ennemis avoient, dans leurs sorlies, la hauteur sur les assiégeants, ils culbutoient toujours les troupes de la tête de la tranchée. Ils firent encore ce même jour deux autres petites sorties; mais ils furent toujours repoussés dans leurs palissades. Nous ne laissâmes pas de perdre bien du monde dans toutes ces actions. Le capitaine des grenadiers (le Sparre y fut tué, son lieutenant blessé, aussi bien que le capitaine des grenadiers de Bugey et plusieurs autres otïiciers blessés, et environ quatre-vingts grenadiers ou soldats de tués et de blessés. Les ennemis perdirent aussi beaucoup.
La nuit du 9 au 10, on s'approcha du côté des châteaux, fort près du chemin couvert de l'Escargot, et, du côté de la ville, on perfectionna la troisième parallèle, qui étoit au bas du glacis. M. de Borde, enseigne aux gardes françoises, y fut tué. Cette même nuit, je ne fus pas plus tôt endormi, que la fumée me fit sortir de mon lit. Je réveillai sur-le-champ mes deux camarades et nos domestiques. Après avoir cherché inutilement d'où pouvoit provenir cette fumée, nous n'en trouvâmes point la cause : ce qui nous fit remettre dans nos lits; mais je ne fus pas plus tôt dans le mien, que je fus obligé d'en sortir et de réveiller une seconde fois toute la maison. Il étoit temps; car le feu étoit dans les fourrages, dans une chambre près de la mienne. Après avoir fait sortir mes chevaux et mon petit équipage, je fis travailler si promptement à le faire éteindre, que j'en vins à bout. Si mon sommeil avoit été plus lourd et plus pesant,
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nous aurions tous été brûlés et étouffés comme des renards dans leurs lanières. Fenestre, un de mes camarades, avoit fait mettre imprudemment ses fourrages dans cette chambre, où le derrière du poêle donnoit. Je puis dire que mes camarades et tous les valets m'eurent obligation de la vie ; car cette maison étoit construite de bois, et elle étoit remplie de fourrages.
La nuit du 10 au 11, la troisième parallèle étant entièrement perfectionnée, on poussa des zigzags sur les trois capitales^ et on tacha d'envelopper la lunette qui étoit sur notre droite en deçà du chemin couvert. Cet ouvrage nous incommodoit infiniment et nous fit périr bien du monde.
Gomme l'attaque du côté des châteaux devenoit plus sérieuse à mesure que nous avancions, le maréchal de Villars ordonna qu'il y auroit dorénavant un maréchal de camp au lieu d'un brigadier, et qu'on augmenteroit les troupes de la tranchée d'un bataillon : ainsi quatre bataillons. Il n'y avoit presque point de jour que le gouverneur ne fît faire des sorties, ce qui retardoit considérablement nos approches.
La nuit du 11 au 121, il y eut une sortie du côté de la ville; mais nos troupes repoussèrent les assiégés bien vite dans la place. Le lendemain, pendant le jour, on avança beaucoup les travaux, et les batteries de canon qui étoient dans la seconde parallèle ne discontinuèrent de se faire entendre.
A l'égard de l'attaque des châteaux, on enveloppa par la sape les deux faces de l'Escargot, ce qui donna