L'uniforme des dragons était rouge
266 MÉMOIRES [Oct. 1713]
n'est pas honnête ni poli, et même il est très dangereux d'attaquer en public un corps sur la valeur: on se fait certainement bien vite des affaires.
Pendant cette tranchée, nous perdîmes plusieurs soldats du régiment et un sous-lieutenant de nos compagnies de grenadiers. Il étoit depuis quarante ans dans le régiment; de soldat il étoit devenu officier; c'étoit un très brave homme : nous l'avons beaucoup regretté. Il s'appeloit du Buisson, et, auparavant d'être officier, La Débauche.
Du côté de la ville, on fit plusieurs batteries sur la crête du chemin couvert, afin de battre en brèche la demi-lune et le corps de la place. Ce même jour, on travailla à faire écouler les eaux qui étoient dans le fossé.
La nuit du 18 au 19, les mineurs travaillèrent à taire sauter la contrescarpe.
Pour nous, de notre côté, nous n'avancions ni reculions. On y étoit seulement occupé à tâcher de se mettre à couvert dans les tranchées; car on y étoit vu depuis la tête jusqu'aux pieds, comme je l'ai dit ci-devant ^ .
Les tranchées du 19, du 20, du 21 se passèrent tranquillement aux deux attaques.
Le 22, du côté de la ville, on travailla à la descente du fossé; on fît deux ponts, qui avoient chacun trente pieds de largeur, pour aller à la demi-lune, et deux autres de même largeur pour nous conduire aux deux bastions attaqués.