Ci-dessus, p
[Oct. 1713] DU CHEVALIER DE QUINCY. 267
Ce même jour 23, Monsieur le Duc* nous fit l'honneur de monter la tranchée devant les châteaux; il donna un dîner et un souper magnifiques. Il fit beaucoup de libéralités aux soldats. C'est dans ces occasions-là qu'il est nécessaire qu'un prince du sang ouvre bien sa bourse. On occupa ce jour-là une redoute que les ennemis avoient abandonnée au bas du château, près de la rivière.
Le 213, 24 et 25 furent employés du côté de la ville à faire nos quatre ponts et à faire écouler les eaux. Nos six batteries de canon et les six mortiers qui étoient sur la crête du chemin couvert ne discontinuoient point de se faire entendre : aussi les brèches aux deux bastions se formoient visiblement, ce qui donna occasion au maréchal de Villars de faire sommer le gouverneur de ne point attendre que les ponts fussent achevés pour rendre la place ; mais le baron d'Arsch lui fit réponse qu'il avoit encore bien du temps à faire ses réflexions, et qu'il l'emploieroit pour tâcher de mériter son estime.
Les travaux devant les châteaux avançoient si peu, que nous étions tous persuadés que nous ne les prendrions jamais par cette attaque. M. de Vauban avoit eu raison de dire au Roi, auparavant de faire construire ces forts, qu'il les rendroit si inattaquables, qu'il faudroit une armée d'aigles pour les prendre^.
On employa le 26 et le 27 aux mêmes travaux. Le 28 enfin, le canal que M. de Valori avoit fait faire