‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 182 sur 203 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. C'est en 1680-1681 que Vauban a dirigé la construction des fortifications de Fribourg.

268 MÉMOIRES [Oct. 1713]

fui en t'ial de recevoir les eaux du fossé. Aiusi, plus d'obstacles pour nos ponts, (jui furent achevés le 30.

Ce jour-là, on tît jouer une mine sous le chemin couvert de l'Escargot, laquelle fit l'effet dont on s'éloit proposé. Nos grenadiers s'y logèrent.

Attaque de la demi-lune^. — Le 31 , le maréchal se rendit de grand matin dans la tranchée du côté de la ville; il n'y fut pas plus tôt arrivé, qu'il fit attaquer la demi-lune par les compagnies de grenadiers des régiments de Tallard et de Berry, suivies de ces deux régiments. Le baron d'Arsch avoit ordonné à l'officier qui y commandoit de se défendre jusqu'à la dernière extrémité, et, pour l'empêcher de se retirer avec les troupes qui étoient dedans, il fit rompre le pont de communication de la ville à l'ouvrage.

Après quelque résistance de la part des ennemis, nos grenadiers y entrèrent, et ils s'emparèrent en même temps du réduit qui étoit à la gorge, environné d'un fossé bien revêtu. Les deux cent cinquante hommes qui défendoient les deux ouvrages furent tous ou tués, ou blessés, ou faits prisonniers. De notre côté, nous eûmes un ingénieur de tué et plusieurs de blessés. On ne perdit point de temps à s'y loger. Malgré le grand feu de canon et de mousqueterie qui sortoit des remparts, le logement fut parfait au bout de deux heures. L'intention du maréchal avoit été d'attaiiuer les deux bastions en même temps que la demi-lune; mais, ayant appris qu'un coup de vent avoit rompu le pont qui conduisoit au bastion de la

1. Voyez V Histoire militaire, p. 284, et les Mémoires de Villars, p. 225.

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gauche ^ , il jugea à propos de suspendre cette attaque jusqu'à tant que cet inconvénient fût réparé. On y travailla pendant quatre heures, pendant lequel temps il fît les dispositions nécessaires pour faire donner l'assaut général^. Il fit venir cent quarante compagnies de grenadiers; soixante bataillons dévoient les soutenir. Dans le moment que nos troupes s'ébranloient pour marcher aux brèches, le maréchal fut averti qu'il paroissoit deux drapeaux blancs sur le rempart. La marche de nos grenadiers fut arrêtée. Quelque temps après, il arriva un bourgeois de la ville dans la tranchée; il étoit chargé d'une lettre du gouverneur, par' laquelle il supplioit notre général d'accorder sa protection, non seulement à la ville et aux soldats blessés et malades, mais à ceux qui se portoient bien qu'il avoit été obligé de laisser dans la place, le tout au nombre de trois mille hommes, sans compter les femmes, les enfants et les valets des officiers, et les femmes des soldats, les vivandiers et toutes les autres personnes qui suivoient les troupes 3.

Sur-le-champ le maréchal fit marcher le régiment des gardes françoises^, qui s'emparèrent des portes et des postes de la ville. Ce régiment fut suivi quelque temps après des régiments de Ëourbonnois, de Limousin, de Royal-Comtois et de Lorraine, qui se postèrent

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