‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 185 sur 203 · Journal de Dangeau, t. XV, p · texte numérisé non relu

Journal de Dangeau, t. XV, p

2. Jean-François de Bourlamaque, d'une famille originaire de Lucques, avait été page du Roi en 1693; il fut tué en 1734

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Daiipliiii-inf'anterie, avec (|m' j'avois été mousquetaire du Roi et qui a uuc très jolie terre, dont le château est bâti à ritalienne, à une lieue de Q[uincy]'. Nous avions avec nous M. de Bessé, capitaine de cavalerie. Nous fîmes tous trois ce voyage ensemble ; nous traversâmes le Vieux-Brisach, pour aller coucher à un bourg à huit lieues de cette place. Nous sentîmes que le climat s'adoucissoit à mesure que nous nous éloignions des montagnes Noires; il ne paroissoit plus de neige sur la terre; cependant il y avoit déjà (juclques jours que nous en étions accablés devant Fribourg.

Le Vieux-Brisach. — Le Vieux-Brisach, nommé ainsi depuis que le Roi a fait construire le Nouveau- Brisach, qui est à un quart de lieue du premier, est situé sur le Rhin. Cette ville étoit anciennement la capitale du Brisgau. Elle étoit une des plus fortes places de l'Europe ; on la regardoit comme l'oreiller sur lequel reposoit la maison d'Autriche. Le maréchal de Guébriant s'assura de cette place pour la France au mois d'octobre 1639. Elle fut cédée au Roi par la paix de Westphalie, en KiiS; mais, par la paix de Ryswyk, en 1697, elle fut rendue à l'Empereur et à l'Empire en échange de la ville de Strasbourg. En 1702, le duc de Bourgogne en tit la conquête. Par la der-

à la hatailln de Parme. Un de ses fils servit au Canada sous Montcaltii, et ses l.ettres à ce général ont été publiées à Québec (1893^ dans la Collection des manuscrits du clicvulier de Lcvis. 1. C'est le château du Vivier, commune de (butevroult, dans le ranton de tlréry, près Meaux, qui venait de la mère de M. de Uourlamatpie, et que nous n'avions pu identifier ci-dessus, tome II, p. 320, lorsque notre auteur n'avait donné que la première lettre du nom.

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nière paix de Rastadt, la France l'a rendue à l'Empereur.

En allant à Paris, nous passâmes par Remiremont et par Saint-Dizier.

Remiremont. — Le bourg de Remiremont est célèbre par le fameux chapitre qui y est, dans lequel on ne reçoit chanoinesses que des filles de qualité, qui sont obligées de faire les preuves des trente-deux quartiers pour y entrera II est du diocèse de Toul et situé sur la Moselle, qui prend sa source auprès de Bussang, village situé près des monts des Vosges, sur les frontières de la Franche-Comté et de l'Alsace. Cette rivière, après avoir passé à Épinal, à Toul, à Pont-à-Mousson, à Nancy, à Metz, à Thionville, à Trêves, se jette dans le Rhin à Coblentz^.

Saint-Dizier est célèbre par la défense que fit le comte de Sancerre^ de la maison de Bueil, contre Charles-Quint, l'année 1544; elle est située en Champagne, sur la Marne, et elle est capitale d'un petit pays nommé Vallage^.

1. L'abbaye de Remiremont, fondée dès le vii^ siècle, avait été sécularisée au xvi«. Les chanoinesses devaient faire la preuve de quatre degrés de noblesse, tant paternelle que matei'nelle. Il y a une longue notice sur l'abbaye, son histoire, sa règle et ses dignitaires dans le Dictionnaire géographique de la France, par l'abbé Expilly, t. VI, p. 174-176. Depuis 1711, l'abbesse était Béatrix-Hiéronyme de Lorraine, demoiselle de Lillebonne, qui tint une si grande place à la cour de Louis XI\^

2. Il a déjà parlé de la Moselle, et énuméré les villes qu'elle traverse, dans le tome I, p. 153-154.

3. Louis de Bueil, grand échanson de France en 1533, mort en 1563.

4. Petit pays de Champagne entre le Barrois, le Perthois, la Champagne proprement dite et la Bourgogne. Certains géo-

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Au commencement de mon voyage, je m'aperçus c|ue le cheval sur lequel étoit monté M. de Bessc boitoit considérablement, ou plutôt qu'il ne marchoit que sur trois jambes, ce qui devoit beaucoup le fatiguer; je ne puis m'empêcher de le lui dire. Il me répondit, en se mettant à rire : « En vérité, cela tire plus (jue cent a bœufs. » Cet officier, qui étoit un très aimable cavalier, n'avoit aucune affaire à Paris; il y alloit seulement par rapport à sa maîtresse, qu'il aimoit tendrement.

La fièvre me prit en sortant de Sainl-Dizier ; elle m'accompagna jusqu'à Paris. Nous passâmes par la terre de M. de Bourlamaque; M. du P[lessis] et sa femme^ y étoient; elle étoit cousine germaine de M. de Bourlamaque-. Nous y séjournâmes; il nous pressa si fort de lui faire ce plaisir, qu'il nous fut impossible de lui refuser.

Le lendemain de notre séjour, qui étoit le 2 décembre, nous nous rendîmes à Paris, M. de Bessé et moi, lui pour le faubourg Saint-Germain, et moi pour le Marais, où mon frère le lieutenant général de l'artillerie étoit toujours logé^. En arrivant chez lui, j'y trouvai le commandeur de Bandeville, grand prieur de Champagne, notre oncle paternel

graphes ne plaçaient pas Saint-Dizier dans le Vallage, mais en Perthois.

1. Pierre Sevin (tome I, p. ()-7) et Marie-Françoise de Margeret (tome H, p. 237).

2. Par sa inèrt', Catherine Picot, dont la sd-ur avait (épousé François Biirlaniacchi, venu en France au milieu du xvii'" siècle, et père de l'officier dont il est ici qucstit)n.

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