Ci-dessus, p
[Nov. 1713] DU CHEVALIER DE QUINCY. 281
à la mode de Bretagne ^ qui me fit mille amitiés, et qui depuis ce moment voulut m'engager à aller loger chez lui; mais je connoissois mon homme, je ne savois que trop que non seulement j'aurois beaucoup à souffrir de son humeur, mais aussi que les espérances qu'on pouvoit avoir touchant sa succession étoient des plus vaines. Ainsi, je le remerciai toujours le mieux qu'il me fût possible. Je fis bien, car mon frère du Plessis fut la dupe de huit années qu'il avoit employées pour lui faire sa cour : trois jours avant de mourir, il lui fit fermer sa porte, et il ne voulut jamais lui donner la moindre petite chose, quoique le commandeur Perrot^, alors trésorier de l'ordre, fît au monde tout ce qu'il put pour l'engager à lui faire un présent^.
Le maréchal de Villars, qui s'étoit rendu à Rastadt, petite ville où feu le prince Louis de Bade'* a fait bâtir un superbe palais ^ travailloit sérieusement avec le
1. Tome I, p. 52, et ci-dessus, p. 236, et la Notice préliminaire, p. XVI.
2. Henry Perrot de Saint-Dié, d'une famille de Paris, entré dans l'ordre en 1658, eut la commanderie d'Oisemont en 1695, celle de Chanu en 1713, enfin celle de Saint-Jean de Latran à Paris en 1726, avec la charge de trésorier du grand prieuré de France depuis 1705. Il mourut en 1735.
3. Le commandeur de Bandeville avait une belle fortune, plus de deux cent mille livres; les règlements de l'ordre de Malte ne l'autorisaient à disposer que de la cinquième partie; il préféra laisser à l'ordre la totalité de ses biens (voyez l'inscription commémorative érigée à Malte, ci -après. Appendice, p. 309).
4. Louis-Guillaume, margrave de Bade, né en 1655, était mort à Rastadt le 4 janvier 1707, laissant la réputation d'un des plus grands capitaines de son temps.
5. Bâti en petit sur le modèle de Versailles, ce château avait