XXII NOTICE PRÉLIMINAIRE
les noms des romans à clef du xvif siècle, outre ceux des deux héros : Bélise, Almintor, Amaranthe, Théramène, Artémise, Euphrosine, Cléobule, etc. Nous n'avons pas cru devoir publier cette histoire longue, diffuse, et assez ennuyeuse. Le chevalier de Quincy, alors très jeune, n'y joue d'ailleurs aucun rôle.
Les deux volumes du manuscrit sont écrits en entier de la même main ; mais ce n'est pas celle du chevalier de Quincy. Il semble que l'auteur ait dicté son récit à un secrétaire assez peu lettré, qui parfois entendait mal, et parfois ne comprenait pas ce qu'on lui dictait. On trouve par exemple : la nuit du quinze au soir pour la nuit du quinze au seize, — les doux amants ^oMTles douze amants, — quavoit vous fait, vous ne resteroient pour quavez-vous fait, vous ne resterez, — être apporté pour être à portée, — le prince Eugène commandé pour commandoit, — tnensaique remotai pour mensœque remotre, etc. Les quelques additions portées en marge du manuscrit, et écrites de la même main que le texte, ne sont point une preuve que le manuscrit soit autographe; car elles ont pu être dictées après coup au même secrétaire.
De la valeur littéraire des Mémoires il n'y a rien à dire. Le style en est un peu lâché, parfois lourd et diffus ; mais, cependant, ils se lisent facilement. L'auteur n'avait pas trop mal profité de l'enseignement des Jésuites du collège de Louis-le-Grand.
Leur valeur historique est plus considérable, encore qu'il serait fort exagéré de les regarder comme un document de premier ordre. L'auteur ne raconte guère que ce qu'il a vu ; à ce titre, son témoignage est précieux, et, s'il ne modifie pas les grandes lignes connues des événements, du moins il les complète, les précise, leur donne une vie et un relief qu'on
NOTICE PRÉLIMINAIRE. xxiit
ne trouve pas toujours dans les Mémoires de plus hauts personnages. C'est surtout par les détails, par les épisodes journaliers de la vie militaire, qu'ils sont intéressants et qu'ils se recommandent à l'attention des historiens.
Le manuscrit des Mémoires appartient actuellement au général Pierre-Elie Fabre, commandant la 29^ division d'infanterie. Il est venu en sa possession par l'héritage d'une tante de M"^ la générale Fabre, qui, elle-même, le tenait de son mari, M. Faure de Rochefontaine, issu d'une bonne famille d'Anjou et né vers 1785. M. Faure de Rochefontaine ne semblant avoir aucun lien de parenté avec les Sevin de Quincy, il y a lieu de penser qu'il dut acquérir le manuscrit de quelque libraire, entre les mains duquel il serait parvenu à la suite de la Révolution.
Le général Fabre, grâce à la bienveillante entremise de M. le colonel d'Abo ville, a libéralement communiqué le manuscrit des Mémoires à la Société de l'Histoire de France et à l'éditeur chargé par elle de les publier. Je les prie tous deux de bien vouloir agréer mes remerciements et l'expression de ma gratitude.
DU