‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 37 sur 203 · l'no iin'lairir, mii- |M'litc Icrnic · texte numérisé non relu

l'no iin'lairir, mii- |M'litc Icrnic

[Juin 1710] DU CHEVALIER DE QUINCY. 19

nous étions témoins presque tous les jours des combats qui se donnoient entre nos housards et oeux des ennemis, dans lesquels il y avoit fort peu de sang répandu. Nous ne voyions jamais culbuter aucun de ces malpeignés ; ils se disoient des injures, et voilà le plus grand mal qu'ils se faisoient.

Les lieutenants de plusieurs régiments d'infanterie, ennuyés d'avoir toujours les bras croisés, imaginèrent de s'habiller à la housarde. Ainsi déguisés, moitié à cheval, moitié à pied, ils s'avançoient près des retranchements des alliés. Us étoient au nombre de deux cents dans ces deux troupes. Auparavant d'en approcher, ils avoient la précaution d'embusquer ceux qui étoient à pied. Les housards ennemis ne manquoient pas de sortir promptement de leur camp pour courir après. Nos faux housards feignoient de fuir, et insensiblement ils les attiroient dans l'embuscade, d'où il partoit un feu de mousqueterie qui en culbutoit toujours quelques-uns. Ensuite, nos faux housards à pied se joignoient à ceux qui étoient à cheval, et ils marchoient ensemble avec rapidité sur les ennemis, qui ne demandoient point leur reste. Ces combats durèrent pendant quelques jours; mais notre général, qui en craignoit les suites, ordonna, sous peine de prison, à ces officiers, d'abandonner cette petite guerre.

Le maréchal de Villars, informé que Douay ne pouvoit tenir encore que quelques jours ^ nous fit repas-

1. Il y a dans les Pièces des Mémoires militaires, t. X, p. 262-265 et 271-275, plusieurs mémoires sur les moyens de secourir Douay, dont un du marquis de Bauffremont. Albergotti avait écrit, le 15 juin, au maréchal qu'il ne pouvait prolonger la défense, les ennemis étant maîtres de plusieurs angles du chemin couvert.

20 MÉMOIRES [Juin 1710)

ser, le 17 juin, la Scarpe près d'Arras, après avoir jeté les troupes nécessaires dans Béthune, Ypres, Saint-Venant, Sainl-Omer et Aire, pour leur défense en cas que ces places fussent attaquées', il mil la droite de son armée à Monchy-le-Preux - et sa gauche à la hauteur d'Arras.

Le 18, il poussa la droite de l'armée à Marquion et il mit la gauche à Monchy-le-Preux, et son quartier «Général à Haucourt^. Nous avions devant nous une petite rivière qui prend sa source dans une censé située près de Monchy-le-Preux, ce qui lui a donné le nom de Genset^ Elle va se jeter dans l'Escaut à liouchain, après avoir passé à l'Écluse^, à Arlcux, à AubenclieuK' et à Paillencourt^. On avoit fait une coupure à la Scarpe, vis-à-vis de Fampoux, qui inondoit le terrain depuis celte dernière rivière jusqu'au Censet. Ainsi, nous étions dans un camp inattaquable.

Le 19, le chevalier de Luxembourg partit de l'armée, à la tête d'un gros détachement, pour former un camp volant près de Valenciennes. Le même jour, il en partit un autre, aux ordres du comte de Coigny^, pour aller camper près de Bouchain, et un autre fut

Page 1