François de Franquetot : ci-dessus, tome II, p
[Juin 1710] DU CHEVALIER DE QUINCY. 21
camper à Paillencourt pour protéger notre pont qui étoit à Étrun^, sur l'Escaut, afin de pouvoir communiquer avec Bouchain, Valenciennes, Condé, et avec les places de la Sambre.
Les ennemis firent les mêmes mouvements que nous : ils repassèrent la Scarpe, et ils mirent leur droite à Vitry et leur gauche à une demi-lieue et visà-vis d'Arleux.
Pendant les mouvements des deux armées, les assiégeants poussoient le siège vigoureusement ; mais ils avoient à faire à un homme qui ne s'endormoit point. Il faut rendre justice à M. d'Albergotti : il avoit d'excellents talents pour la guerre, fermeté, valeur, beaucoup de détail, aimant la discipline, enfin tout ce qui est nécessaire à un général pour bien défendre une place. Il trouva le moyen de faire subsister sa garnison et de faire remplir les magasins du Roi sans argent. Il faisoit donner des billets payables après le siège. Un charpentier n'ayant pas voulu travailler pour le Roi sans argent, il le fit attacher par des grenadiers à une palissade du côté de l'attaque. Cette sage et cruelle sévérité engagea tous les bourgeois à exécuter ses ordres promptement et exactement.
J'étois logé à Saint-Quentin^, village dont les habitants ne subsistent que par le travail des tourbes ; ils en envoient jusqu'en Hollande^. Le comte d'Oisy est