M. d'Ormesson (tome II, p. 389) mourut le 21 février
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ET l'hiver SUIVAPO".
Enfin la fortune, ennuyée et se repentant, pour ainsi dire, de nous avoir été contraire dans nos précédentes campagnes des Pays-Bas, pendant tout le cours de cette cruelle guerre, se déclara entièrement pour les armes du Roi au milieu de celle-ci. Elle nous fut si favorable, que, d'une guerre défensive, dans laquelle nous aurions été obligés de nous soumettre, elle se tourna tout à coup sur l'offensive. On peut dire avec raison que, si le maréchal de Villars, qui avoit déjà acquis la réputation d'un des plus grands généraux du siècle, n'avoit fait que cette seule campagne, il auroit mérité d'être compris parmi les plus célèbres capitaines. Cette campagne en Flandres et la campagne que j'ai faite, l'année 1704, en Italie, sous les ordres du duc de Vendôme, sont celles qui m'ont fait le plus grand plaisir. On y remar(|ue la valeui-, la prudence et la capacité de ces deux grands hommes, et, en même temps, la grande présomption du prince Eugène, qui, voulant en Italie garder plus de postes (jue n'avoit l'ait le comte de Linange, olficier général consommé dans l'art militaire. Tannée d'auparavant, allongea ses quartiers d'hiver par une pointe au milieu des nôtres : ce qui lui attira la déroute
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entière de son armée à Calcinato, au mois d'avril 1706^, et, dans la campagne de 1712, l'affaire de Denain; car n'est-ce point par une pointe que ce général a voulu pénétrer en France, savoir : par Marchiennes, par Denain, par le Quesnoy, et enfin par Landrecies? Je le répète encore après M. de Vendôme : c'est une des plus grandes fautes à un général d'armée que de vouloir, par ce moyen, entrer dans le pays ennemi; on en sera toujours la dupe^. Suivons notre relation.
Pendant que tous les ministres plénipotentiaires des alliés contre la France, et que ceux du Roi et de ses alliés étoient assemblés à Utrecht pour la paix générale, les ennemis travailloient de tous côtés à se mettre en état d'attaquer la France pour la réduire dans ses anciennes limites, ou peut-être pour la partager, étant très persuadés que, pendant le cours de cette campagne, ils la mettroient si bas, qu'elle seroit obligée de se soumettre aux conditions qu'on voudroit lui imposer.
Auparavant de faire le détail de cette campagne, il est nécessaire de rapporter ce qui se passa pendant que j'étois encore à Q[uincy] ou à Paris.
Mort du maréchal Catinat, son éloge. - — Le maréchal de Catinat, un des plus grands, des plus sages et des plus prudents capitaines que la France ait jamais eus, mourut à sa terre de Saint-Gratien, le 23 février^ de cette année, âgé de soixante -quatorze ans.