‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 118 sur 207 · Quincy, Histoire militaire, t. III, p · texte numérisé non relu

Quincy, Histoire militaire, t. III, p

210 MÉMOIRES [Juin 1702]

excellente, dont M. de Vendôme s'est beaucoup servi, surtout lorsqu'il avoit affaire avec le prince Eugène, pour être plus à portée de savoir ce qui se passoit dans l'arnniée ennemie.

Le 8 de juin, nous apprîmes que M. de Chartoigne* s'étoit emparé de Viadana^, petite ville où il y a un château près du Pô et en deçà, vis-à-vis de Brescello^, de l'autre côté de cette rivière, dans le Modénois.

Comme M. de Vendôme ne vouloit pas rester longtemps dans ce camp, il fit faire d'autres retranchements outre ceux qui étoient déjà faits, pour contenir environ vingt mille hommes qui dévoient y rester aux ordres du prince de Vaudémont, gouverneur du Milanois, pendant qu'il s'occuperoit à de nouvelles entreprises, ce que nous verrons dans la suite. En attendant que je fasse le détail de tous les mouvements et des marches que nous fîmes au delà du Pô, il est nécessaire de rapporter ce qui arriva pendant que nous étions encore dans ce camp.

Le 9, je fus du détachement pour former la chaîne qui devoit couvrir nos fourrageurs. Nous nous mîmes en marche deux heures avant le jour. A la pointe de l'aurore, nous arrivâmes dans un endroit où aboutissoient quatre chemins. Nous y vîmes un spectacle qui nous fit bien de la peine : une cinquantaine de nos carabiniers y avoient été massacrés par un parti d'une

1. Philippe-François de Chartoigne, brigadier depuis 1693, maréchal de camp en janvier 1702, lieutenant général en 1704, tué au siège de Verue le 26 décembre de la même année.

Page 1