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298 MÉMOIRES [Août 1703]
faire notre jonction avec son armée. Il nous montra sa lettre; en vérité, il n'y avoit ni rime ni raison. Il s'y plaignoit beaucoup de la préférence que la cour avoit donnée, à son préjudice, à M. de Bezons, quoique son cadet, à ce qu'il disoit, pour commander le secours que nous menions à l'électeur de Bavière^. Jusqu'à la fin de cette campagne, tout le monde étoii persuadé que le comte de Médavy étoit plus ancien colonel que M. de Bezons; on apprit depuis que celui-ci étoit plus ancien 2. Cette action lui procura la croix de Saint- Louis, distinction qui, encore dans ce temps-là, ne se donnoit qu'à l'ancienneté de service ou pour une action d'éclat.
Le soir, j'eus ordre de marcher avec deux cents hommes armés pour aller raccommoder le chemin de la montagne d'où les ennemis avoient été chassés. J'y passai la nuit, le jour du i®"" août et la nuit du 1 ^^ août au %, que l'armée décampa d'Oleano pour aller à Pieve^, petit village, où je me rendis à la tête du campement.
Dès que l'armée fut arrivée dans ce dernier camp, M. Dillon fut détaché avec un corps de troupes pour aller s'emparer de Riva. En arrivant sur une montagne à une demi-Heue de cette ville, il fit faire une si grande quantité de feux que le lieutenant-colonel du régiment de