Il n'y a ni hameau ni village de ce nom dans la région
3. Final ou Finale, port très bien fortifié sur la rivière de Gênes. Le marquisat n'avait guère que six milles de longueur sur le bord de la mer, mais s'étendait jusqu'aux montagnes qui forment la ligne de partage des eaux.
4. Rocca-d'Arazzo, non loin d'Asti, sur la rive droite du Tanaro.
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beaucoup de blé; car c'est une fable qu'elle ait été appelée de ce sobriquet parce que les empereurs y étoient couronnés d'une couronne de paille^. 11 y a un évéché suffragant de Milan. La rivière de Tanaro y passe ; elle prend sa source dans les Apennins près du Val-di-Pesio^ et va se jeter dans le Pô un peu au-dessous de Valence, après avoir passé à Geva^, à Cherasco'*,' Albe^, Asti et Alexandrie. Cette ville dépendoit du Milanois; elle appartient aujourd'hui au roi de Sardaigne, qui l'a rendue une des plus fortes places d'Italie, protégée par une bonne citadelle qu'il y a fait construire. Le 9, nous arrivâmes à Gassin, sur la Bormida^, aux ordres du comte d'Estaing. Il faisoit un temps affreux; la pluie ne discontinuoit point. J'eus pour mon logement une bonne ferme, ce qui pensa me cau-
1. Cette ville fut bâtie en 1178 en l'honneur du pape Alexandre III. Bruzen de la Martinière, dans son Dictionnaire géographique, propose une autre étymologie de ce surnom de la Paille; l'empereur Frédéric P' le lui aurait donné par une comparaison ironique avec la célèbre Alexandrie d'Egypte. La ville de Nice-de-la-Paille, dans la même région, aurait-elle le même surnom par opposition à Nice de Provence ?
2. C'est la vallée de la rivière du Pesio, affluent du Tanaro. La vallée de cette dernière rivière est en effet, à son extrémité supérieure, limitrophe du Val-di-Pesio ; mais elle en est bientôt séparée par d'autres affluents du Tanaro.
3. Cevene, dans le manuscrit. C'est Ceva, dans l'Astesan, capitale d'un marquisat sur les frontières du Montferrat.
4. Cideras, dans le manuscrit. Cette ville, dont le nom se francisait en Quiérasque, est située au confluent de la Stura et du Tanaro; elle fut bâtie vers 1220 par les habitants d'Alba.
5. Alba, dans le Montferrat, sur la route de Cherasco à Asti, à douze kilomètres nord de cette dernière ville.
6. Cassino, petit village en aval d'Acqui, sur la rive gauche de la rivière.
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ser une affaire des plus sérieuses. Nous avions dans ce même bourg les carabiniers avec nous. Un capitaine de ce corps voulut de force se loger chez moi avec sa compagnie. Je lui dis poliment qu'il avoit son logement et pour lui et pour sa compagnie; cependant, qu'il pouvoit y rester avec son équipage, mais que je le priois instamment d'envoyer sa compagnie à son logement. G'étoit un homme de cinquante ans environ; il faisoit semblant de ne me point entendre, et il ne cessoit de dire à ses carabiniers : « Logez- vous. » Voyant l'opiniâtreté de cet officier, et gardant toujours mon sang-froid, je dis à un de mes sergents : « Faites- « moi venir ma compagnie au plus tôt. » — 4 Monsieur, « lui dis-je, nous allons voir beau jeu, et vous en répon- « drez. » Un moment après, ma compagnie arrive avec ses armes : « Hé bien ! Monsieur, ne voulez- vous pas « sortir, vous et vos carabiniers? » Comme il vit que je me préparois à le charger et ses gens après avoir fait mettre la baïonnette au bout du fusil à mes soldats, il vint à moi et il me dit : « Gomment, Monsieur, <t voulez-vous faire une guerre civile? » — « Oui, Mon- « sieur, lui repartis-je brusquement, si vous ne sortez « sur-le-champ, vous et vos carabiniers. » Voyant que je parlois sérieusement, il fît remonter ses carabiniers à cheval, et il s'en alla avec eux. Mon hôte, qui avoit été présent à toute cette scène, me remercia mille fois de les avoir fait décamper. Il y a des moments critiques à la guerre, cet exemple le justifie, où il faut agir avec fermeté, lorsque vous avez le bon droit pour vous.
M. de Stahremberg, cependant, avoit fait une si grande diligence, que son avant-garde arriva le lende-
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main 10, à neuf heures du matin, à Castelnuovo^. Ce bourg est vis-à-vis de Gassin, de l'autre côté de la Bormida. Nous nous mîmes en bataille pour nous opposer au passage de cette petite rivière; nous y restâmes jusqu'à deux heures après midi, que nous eûmes ordre de M. d'Estaing de marcher à Borgorotto^. La plus grande partie des troupes ennemies s'étoit campée le long de la Bormida, vis-à-vis de ce village, où nous arrivâmes à deux heures de nuit par un temps épouvantable.
Ce fut dans cette marche que le pauvre La Bussière marchoit à pied, n'ayant pas le sol. Il étoit entré dans le régiment en même temps que moi, avec un équipage de Jean de Paris; mais, malgré son esprit (il en avoit infiniment), sa mauvaise conduite l'avoit réduit dans cet état. Je le logeai chez moi, et nous mangeâmes ensemble un bon chapon.
Il est temps que nous parlions de la marche de M. de Stahremberg et des mouvements que fit M. de Vendôme pour l'empêcher de pénétrer en Piémont. Ce prince partit donc du Montferrat, comme je l'ai dit, aussitôt qu'il eut établi ses quartiers d'hiver, pour se rendre sur la Secchia. En arrivant à San-Benedetto, le 2l4 décembre au soir, il apprit qu'il y avoit des mouvements dans l'armée des ennemis, et qu'ils se préparoient à marcher. M. de Stahremberg, pour couvrir son dessein, avoit fait faire du biscuit près de Legnago ^, et il faisoit courir le bruit que, n'ayant pas assez de
1. Caste Inuovo-di-Bormida, sur la rive droite de la rivière.
2. Autre village sur la Bormida, non loin d'Alexandrie, sur la route d'Acqui.