‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 194 sur 207 · Sur les confins du Pavesan et de la Loraelline · texte numérisé non relu

Sur les confins du Pavesan et de la Loraelline

2. Il y a au moins trois étapes entre le Pô et ce bourg du Novarais; notre auteur se trompe en plaçant son arrivée au 2 février.

352 MÉMOIRES [Février 1704]

pas durer longtemps. Nous reçûmes des ordres du comte d'Estaing, qui nous mandoit de nous tenir prêts à marcher et à combattre. Véritablement, le 19, il fallut quitter ma nouvelle maîtresse pour aller avec le régiment à une lieue de Gandia^, petite ville dont les fortifications sont démolies. En arrivant, l'on nous fit travailler à faire des lignes pour couvrir la Lomelline. Nous y restâmes dix jours, pendant une pluie continuelle, après lequel temps nous retournâmes à Vespolate.

Au bout de huit jours, ayant reçu de nouveaux ordres du comte d'Estaing, qui nous mandoit toujours de nous tenir prêts à marcher et à combattre, nous quittâmes ce petit bourg, où je me plaisois infiniment, pour aller à Garbagna^, qui est un mauvais village à deux lieues du côté de Novare. Nous y restâmes huit jours. Je ne pouvois pas m'empêcher d'aller tous les jours à Vespolate pour voir ma petite maîtresse. D'Esgrigny y venoit avec moi ; il avoit aussi la sienne. En y allant un jour par un petit sentier à passer un homme (car il n'étoit pas prudent de prendre le grand chemin; il y avoit tous les jours quelqu'un de tué, ou par les paysans, ou par les housards des ennemis), nous vîmes venir à nous une centaine de ces animaux. Nous gagnâmes au galop un petit pont qui étoit entre eux et nous, et de là, faisant bonne contenance et faisant comme si nous étions suivis par quelque troupe, nous leur criâmes : « Qui vive? » A quoi on répondit : « France. » Par bonheur, c'étoit

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