Peut-être ce nom doit-il être orthographié Westpalstown
[Juin 1697] DU CHEVALIER DE QUINCY. 55
Mon raisonnement le frappa. Il me dit qu'il seroit charmé de faire connoissance avec moi et de la cultiver, en cas que la paix se fît, comme toutes les apparences y étoient; qu'elle ne seroit pas plus tôt faite, qu'il iroit à Paris; qu'il avoit une envie extraordinaire de voir cette grande ville, et qu'à son arrivée il me viendroit voir, et qu'en attendant il me demandoit l'honneur de mon amitié; ce sont ses termes. Je répondis le mieux qu'il me fût possible à sa politesse. Nous nous embrassâmes; carie maréchal de Boufflers et milord Portland étoient revenus joindre la compagnie. Après quelques discours assez indifférents, les François et les Anglois remontèrent à cheval, pour s'en retourner les uns et les autres dans leurs camps réciproques. Milord Wesparton tint sa parole; il vint me voir l'hiver d'ensuite, et nous avons été très bons amis.
M. de Gatinat, ayant mis Ath hors d'insulte, marcha, le 19 juin, avec son armée, à Ligne. Le 25, ayant traversé l'Escaut, il fut camper à Saint-Éloy-Vive\ le 27 à Zulte^, à une lieue et demie de l'armée de l'électeur de Bavière, qui étoit campée entre Nevele et Deynze^. Quelques jours après, il eut avis que ce prince avoit fait jeter des ponts sur la Lys, qu'il avoit reçu un renfort de quinze mille hommes, que le corps
1. Vive-Saint-Éloy, sur la Lys, à quatorze kilomètres en aval de Courtray.
2. Dans la Flandre orientale, arr. de Gand, sur une petite plaine formée par une boucle de la Lys.
3. Deynze, sur la Lys, à dix-huit kilomètres sud-ouest de Gand; Nevele, au nord de Deynze.
56 MÉMOIRES [Juillet 1697]
de troupes que commandoit M. FageP s'étoit avancé du côté de nos lignes, entre Furnes et Ypres, pour faire diversion. Ce maréchal craignant d'être attaqué, il prit le parti de quitter le camp de Zulte, le 4 juillet, pour aller camper à Harlebeke^, le long de la Lys. Par cette situation, il se mit en état de ne plus craindre l'Électeur, qui avoit beaucoup plus de troupes que lui, et d'empêcher les ennemis d'entreprendre sur nos lignes. Les armées de part et d'autre restèrent jusqu'au %S de ce mois dans leurs mêmes situations^.
Quinze jours auparavant que notre armée décampât de Sainte-Marie-Audenhoven, l'on fit la réjouissance de l'élection du prince de Conti à la couronne de Pologne^. Ce même jour, je fus commandé avec les troupes qui dévoient former la chaîne pour couvrir les fourrageurs de toute l'armée. Nous n'étions qu'à trois quarts de lieue de Bruxelles. Nous arrêtâmes un cpurrier, qui, avec passeport, s'en retournoit dans cette grande ville. Ayant entendu que nous devions faire, ce même soir, la réjouissance de cette élection :
1. François-Nicolas, baron de Fagel (1645-1718), avait alors le grade de général-major, et Guillaume III l'estimait beaucoup; il recevra en 1704 le titre de feld-maréchal.