‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 4 sur 207 · Le conseiller au Parlement : ci-dessus, p. 4, note · texte numérisé non relu

Le conseiller au Parlement : ci-dessus, p. 4, note

riche, en retira l'aîné^; il le fit mettre dans une pension du faubourg Saint- Antoine à Paris. L'hôtesse en fut au désespoir, parce que, disoit-elle, on lui enlevoit celui qui lui rendoit de plus grands services. Si l'hôtesse fut fâchée de son départ, pour moi j'en fus si touché, que je tombai malade, ce qui fut un pressentiment de la vive tendresse que je devois avoir pour lui pendant toute ma vie. Mon père, ayant appris ma maladie, me vint voir. Il étoit accompagné de deux de ses amis, qui lui reprochèrent sa dureté envers ses enfants : < Bon, dit-il, celui-ci ne mourra « point, et il ne manquera point, s'il est honnête « homme. » Voilà toute la consolation que j'en eus.

Je ne fus pas plus tôt convalescent, que l'on me faisoit travailler comme un esclave. Un jour que l'hôte nous envoya, mon frère et moi, pour jeter du foin du grenier, je le vis disparoître tout d'un coup. Il y avoit une ouverture dans ce grenier qui perçoit dans l'écurie; il ne s'en étoit point aperçu. Je descends bien vite. Je croyois trouver ce petit malheureux tué. Quelle fut ma surprise! Je le trouvai sur ses pieds comme un oison, n'ayant nulle blessure. Un fils unique ne s'en seroit jamais échappé.

Quelques mois s' étant écoulés depuis le départ de mon aîné, un oncle, frère de feu ma mère^, qui avoit une terre en Normandie, envoya chercher mon cadet 3.

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