Pierre Sevin, sieur du Plessis
2. Pierre de Glapion, écuyer, sieur du Tremblay, qui avait assisté au mariage de sa sœur avec Augustin Sevin. (Bibl. nat., ms. Fr. 30159.)
3. Alexandre Sevin, sieur de la Martinière après son frère Louis (ci-après, p. 8, note 2).
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Ainsi je restai seul, abandonné de tous mes parents, et obligé de faire moi seul le travail des trois. Au bout cependant d'un an, l'oncle du gentilhomme qui avoit voulu épouser ma sœur, apprenant la cruelle situation où j'étois, m'en retira. Il me mit en pension chez un tailleur. J'y étois traité fort doucement; il me regardoit comme son fils ; je lui ai obligation, et à sa femme. J'allois à l'école ; malgré mon triste état, je ne laissois pas de me faire respecter de mes petits camarades, surtout que j'en eus bien frotté un qui m'avoit appelé le gentilhomme ruiné par la gueule. Je restai bien un an chez mon nouvel hôte.
Enfin mon oncle, frère aîné de mon père, me fit venir à Paris. Quel plaisir pour moi de retrouver mon frère du Plessis! L'on me mit dans la même pension. Ce fut là où nous apprîmes la mort de mon père^, qui, malgré sa mauvaise conduite, ne laissa pas d'être regretté. Véritablement il avoit de très bonnes qualités : il étoit généreux, bon ami, désintéressé, aimant à faire plaisir, et ayant donné des preuves d'une grande valeur pendant qu'il étoit chevaHer de Malte.
Quelque temps auparavant que l'on nous retira de cette pension, où nous n'étions pas trop bien et où je ne restai que huit mois, mon frère de la Martinière^ nous vint dire adieu ; il sortoit des cadets ^ et il par-
1. Il mourut au commencement de février 1689, puisque son inventaire après décès, fait par le greffier du bailliage de Brie- Gomte-Robert, est du 14 février. (Arch. nat., Y 4015, au 10 mai.)