‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 48 sur 207 · Dangeau, p. 407; Sourches, p · texte numérisé non relu

Dangeau, p. 407; Sourches, p

4. Ce qu'on appelait proprement dit la gendarmerie se composait de dix compagnies de gendarmes et de six compagnies de chevau-légers, assemblées deux par deux en huit brigades. Les quatre premières compagnies de gendarmes avaient pour chef le Roi ; des six autres et des six compagnies de chevaulégers étaient capitaines la Reine, le Dauphin, les ducs de Bour-

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dire que ce corps surpassoit en magnificence non seulement les autres troupes de cette armée, mais même toute la Maison du Roi. Les gendarmes et les chevau-légers de ce corps avoient des habits écarlates galonnés d'argent sur toutes les coutures, larges de deux doigts et demi, et les officiers en avoient dont le galon étoit de quatre doigts ; la housse et le fourreau des pistolets de ces derniers étoient brodés en argent en plein. Toutes les troupes, tant infanterie que dragons et cavalerie, étoient habillées de neuf. Les habits des capitaines de ces trois corps, outre des boutonnières d'or et d'argent, étoient distingués par un bordé d'or ou d'argent de ceux des lieutenants, qui avoient seulement des boutonnières d'or ou d'argent. La magnificence françoise n'a jamais tant éclaté que dans ce camp^ ; mais, malheureusement, jamais le mois de septembre n'a été si vilain ; car il n'a pas laissé de pleuvoir un jour pendant les vingt-un jours que nous y avons été.

Le 2, M""® la duchesse de Bourgogne vint se promener le long de la ligne. En s'en retournant à Gompiègne, elle fit collation chez le maréchal de Boufflers, qui, pendant tout le temps que dura ce camp, fit la plus grande chère du monde. Il tenoit table ouverte depuis le matin jusqu'au soir; il avoit soixante-douze cuisiniers et trois cent quarante domestiques^.

gogne, de Berry et d'Anjou, le duc d'Orléans et son fils le duc de Chartres.

1. Bien des officiers s'y ruinèrent. [Mémoires de Saint-Simon, éd. Boislisle, t. V, p. 348 et notes.)

2. Ibid., p. 349-352; Mercure de septembre, p. 172-175; Gazette d' Amsterdam, n" lx, etc.

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Le 4, le reste des troupes qui dévoient composer l'armée arriva.

Le 6, le Roi, accompagné de toute la cour, passa devant la ligne.

Attaques des grandes gardes. — Le 7, nos grandes gardes de cavaleries furent attaquées. Les attaquants avoient des branches vertes à leur chapeau. Aussitôt nous vîmes paroître M. de Rosen, orné d'une écharpe blanche, qui fit monter à cheval les piquets d'une partie des troupes. J'étois de piquet aux ordres de M. des Combes*, maréchal des logis. Nous marchâmes aux ennemis le pistolet à la main. Pendant le combat, un cavalier ennemi vint brûler la moustache du mousquetaire qui étoit sur ma droite à côté de moi. Surle-champ , je tirai mon pistolet dans le visage du cavalier; il en eut toute la bourre. M. des Combes, qui s'en aperçut, me cria tout haut qu'il m'enverroit en prison, en ajoutant : « Est-ce que vous voulez € faire une guerre civile? » Je lui répondis : « Mon- « sieur, regardez mon camarade. » Véritablement, le cavalier lui avoit lâché toute la poudre de son pistolet dans le visage. Après quelques heures d'escarmouche, nous chassâmes les ennemis bien loin du camp 2.

Revue générale. — Le mardi 9, le Roi fit la revue générale. Il commença par la gauche de la seconde ligne et finit par la gauche de la première ligne. Le

1. Louis-Ferdinand, chevalier de Fouillé des Combes, fit toute sa carrière dans les mousquetaires noirs, et parvint par ancienneté aux grades de sous-brigadier et de brigadier; maréchal des logis en 1693, il devint deuxième cornette en 1704.

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