‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 49 sur 207 · Dangeau, p. 413; Sourches, p. 63-64; Gazette, p · texte numérisé non relu

Dangeau, p. 413; Sourches, p. 63-64; Gazette, p

92 MÉMOIRES [Sept. 1698]

roi et la reine d'Angleterre', qui étoient arrivés à Gompiègne deux jours auparavant, y étoient, le roi d'Angleterre à cheval et la reine en carrosse. Le Roi, à cheval, se tint pendant toute la revue à la portière du carrosse de cette princesse, son chapeau dessous le bras. La duchesse de Bourgogne avoit passé quelque temps auparavant. La revue faite, on fit trois salves des canons et de la mousqueterie, réjouissance que nous aurions dû faire le 5, jour de la naissance du Roi ; mais une violente et continuelle pluie nous en avoit empêchés^. S. M. entra ce jour-là dans sa soixantième année.

Marche de l'armée. — Le 11 fut employé à la marche de l'armée sur plusieurs colonnes. Elle fit une lieue et demie en avant du camp ; nous fîmes halte à la ferme de PieumeP. Le comte des Marets, notre camarade et grand fauconnier de France'^, donna une halte magnifique à tous les mousquetaires de notre compagnie. Le Roi passa avec toute sa cour au milieu de nous, et il nous ordonna de rester comme nous étions, assis sur l'herbe. S. M. gracieusa beaucoup le comte des Marets. Le signal à l'armée pour se retirer fut à la troisième décharge de trois pièces de canon. C'étoit un spectacle admirable de voir marcher cette armée d'un seul coup

1. Jacques II et sa femme Marie d'Esté, réfugiés en France depuis 1688.

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