Louvois avait établi, en 1682, des corps de cadets
toit pour l'Irlande*. Le marquis de Boisseleau^, qui étoit notre parent, lui avoit donné une lieutenance dans son régiment. Je me souviens toujours du discours qu'il nous tint : « Je ferai fortune, nous dit-il, < ou je me ferai casser la tête. » 11 n'avoit que seize ans; il étoit fait à peindre, beau comme les amours, et très grand pour son âge. Pour le peu de temps qu'il fut dans le service, il s'y distingua extraordinairement. Il fut tué au siège de Limerick, en Irlande. Quoique bien jeune, il étoit capitaine de grenadiers^.
La pension où l'on nous mit ensuite étoit des plus célèbres'*. Il y avoit quantité de gens de condition, tant Anglois que François. Il y arriva une aventure
pour recevoir les jeunes nobles sans fortune qui se destinaient à l'état militaire. Neuf compagnies furent ainsi formées dans les places frontières. Elles furent supprimées en 1694. (C. Rousset, Histoire de Louvois, t. III, p. 302-314.)
i. L'expédition envoyée en Irlande dans le courant de 1689 sous les ordres de Lauzun pour soutenir le roi Jacques II et les Irlandais révoltés contre Guillaume d'Orange.
2. Alexandre de Rainier, marquis de Boisseleau, était capitaine aux gardes depuis 1679 et colonel d'un régiment de son nom, lorsqu'il fut envoyé en Irlande en 1689 comme major général de l'armée d'expédition. En récompense de sa belle défense de Limerick, il fut fait brigadier en octobre 1690, et passa maréchal de camp en janvier 1696; il mourut le 8 octobre 1698.