Oise, canton d'Estrées-Saint-Denis
2. C'est Warnavillers, sur la commune de Rouvillers, dans l'arrondissement de Clermont, canton de Saint-Just.
3. M. de Peysac, gentilhomme de Limousin très pauvre, d'abord sous-brigadier des mousquetaires noirs, puis capitaine de dragons, avait acheté, en avril 1696, le régiment du comte de Grammont avec de l'argent que lui prêta le secrétaire d'État Barbezieux. [Mémoires de Sourches, t. V, p. 125, note.) Ce régiment, levé en 1673, prit, en 1773, le nom de Lorraine.
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d'impétuosité, celles de nos ennemis, que nous les mîmes en déroute, et, sans perdre un instant, une partie de notre cavalerie se replia sur notre droite, pour charger en flanc l'infanterie ennemie, pendant que l'autre partie poursuivoit vigoureusement leur cavalerie. L'infanterie ennemie, se voyant abandonnée de sa cavalerie, forma promptement un bataillon carré, que nous ne pûmes jamais entamer : ce qui obligea nos généraux de faire venir du canon, qui, par ses décharges continuelles et vives, l'ouvrit si fort, que nous y entrâmes le sabre à la main, ce qui obligea l'ennemi à nous demander quartier et à se rendre à discrétion. Nous n'en abusâmes point. La bataille gagnée sans une seule goutte de sang répandu dans les deux armées, les ennemis et nous nous retirâmes dans nos camps sur plusieurs colonnes, toujours au bruit des tambours et aux sons de tous les autres instruments de guerre.
Fourrage général. — Le %\, l'après-dînée, c'étoit un dimanche, on fit un fourrage général. On détacha de notre compagnie une trentaine de mousquetaires les plus jeunes pour y aller; j'en étois. Nous n'avions que nos vestes sur le corps, un bonnet rouge sur la tête, des cordages de fourrage en écharpe, un havresac derrière le dos, dans lequel il y avoit ou une poire, ou des carottes, ou des navets, et la faulx à la main ; nous arborions tous de grandes moustaches noires. Ainsi équipés et montés à poil sur nos chevaux, nous nous rendîmes au rendez-vous. Messieurs de la première compagnie voulurent se distinguer : ils n'y envoyèrent personne. Pendant que nous étions au rendez-vous, le Roi nous fit l'honneur de nous venir
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voir. s. M. éclata de rire de nous voir ainsi métamorphosés. Elle adressa encore la parole au comte des Marets, qui étoit déguisé comme les autres. Elle demanda où étoit le détachement des mousquetaires gris; on lui dit qu'il étoit au camp. « Ah ! cela n'est < pas bien, répondit-elle. » Je suis persuadé que cette réponse, rapportée, ne fit pas beaucoup de plaisir aux officiers et aux mousquetaires de cette compagnie. La duchesse de Bourgogne, toutes les princesses et toutes les dames de la coiir vinrent nous voir. Notre déguisement leur donna la comédie et les fit beaucoup rire. Dès que le Roi se fut rendu sur une petite émineoce d'où l'on découvroit toute la plaine, on donna le signal pour lâcher les fourrageurs : ce qui fut un spectacle pour toute la cour de voir cette plaine en un moment de temps remplie de fourrageurs qui se répandoient de tous côtés. Mais ce mouvement rapide, auquel je n'étois pas accoutumé, pensa me coûter cher, aussi bien qu'à une douzaine de mousquetaires; car nos chevaux nous culbutèrent par terre, et plusieurs autres chevaux nous passèrent sur le corps. Dieu merci ! il ne m'arriva aucun accident. Le marquis Dauvet^ se démit le poignet, et plusieurs furent foulés des pieds des chevaux. On ne put jamais arrêter mon cheval ; je le crus perdu. Le chevalier de Kervasy ^, un de mes camarades, me prit en
1. Louis Dauvet, marquis d'Auvillars, cornette de chevaulégers de Berry en 1702, enseigne des gendarmes du Dauphin, puis sous-lieutenant des gendarmes écossais en 1703, blessé en 1704 à la bataille d'Hochstedt, devint brigadier le 1" février 1719.