‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 52 sur 207 · D'après le Nobiliaire de Bretagne de M. Potier de Courcy · texte numérisé non relu

D'après le Nobiliaire de Bretagne de M. Potier de Courcy

98 MÉMOIRES [Sept. 1698]

croupe derrière lui. Gomme nous revenions au camp, nous passâmes près du carrosse de M°"^ de Bourgogne. Elle me fit l'honneur de me demander ce qu'étoit devenu mon cheval. J'eus celui de lui répondre : « Madame, les ennemis me l'ont pris. » — « J'en « suis fâchée, Monsieur, me répliqua-t-elle. » Véritablement, les ennemis attaquèrent les troupes qui formoient la chaîne pour couvrir le fourrage, la percèrent, et nous prirent beaucoup de fourrageurs et de chevaux, qu'ils eurent cependant la générosité de nous rendre. En arrivant à ma tente, je trouvai le mien au piquet, sans être attaché, qui mangeoit avec les autres. On se persuade bien du plaisir que cela me fit.

Cette action fut la dernière qui se passa dans notre armée : e cosi finita fu la commedia; car le Roi partit le lendemain %% pour aller à Chantilly, où il séjourna le 23, et partit le 24 pour Versailles. On m'a rapporté un discours que lui fit l'évêque de Noyon*, qui vint faire sa cour à S. M. à Compiègne : « Sire, lui dit-il, « je viens d'assister à votre comédie ; mais j'en ai « trouvé les avenues bien crottées. » Cette plaisanterie ne plut pas apparemment ; car le Roi lui tourna le dos sans lui répondre.

On est très persuadé que ce fut par politique que S. M. ordonna ce camp. Elle étoit très bien informée que Charles II, roi d'Espagne, ne pouvoit vivre longtemps, que ce prince s'afToiblissoit tous les jours, que

ce nom serait Rervasic ou Guervasic. M. de « Rervasy » l'aîné fut impliqué dans le complot des Bretons en 1720. [Dangeau, t. XVIII, p. 274.)

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