CHAPITRE PREMIER
morte ne Teût forcé à se retirer du champ de bataiUe. Noire corps d'armée fut successivement commandé par les généraux Sébastiani et La.Tour-Maubourg. Ce dernier nous commanda pendant la retraite, jusqu'à notre rentrée en Prusse.
S'il m'était possible de faire ici un simple abrégé de cette funeste campagne, ce serait une grande satisfaction pour moi de donner mille démentis à M. de Ségur et à d'autres détracteurs de l'Empereur, tels que Chateaubriand, Guizot et autres; mais la mémoire du grand homme est au-dessus des sarcasmes des hommes de 1815!
J'ai fait aussi la campagne de 18j[3, depuis Lutzen jusqu'à Hanau (1) où notre division, composée des braves 5« et 9* hussards, des 2« et 4« lanciers et des l'l« et 12* chasseurs, fit ses fameux adieux à ces lâches et traîtres Bavarois, ainsi qu'à leurs nouveaux alliés les Autrichiens. Ce fut là notre dernier combat sur la rive droite du Rhin dont les Austro-Bavarois ont dû garder le souvenir.
Dans la campagne de 1813 nous avions encore eu la fatalité de nous trouver sous les ordres du général Horace Sébastiani qui fit écraser notre division au malheureux combat de la Ratzbach, le 26 août. Sans la division de grosse cavalerie aux ordres du général Saint-Germain (2), pas un seul des nôtres ne réchappait. Toutefois, il est juste de dire que le général Sébastiani n'était là qu'en sousordre; ce n'est donc pas à lui qu'il faut attribuer les funestes résultats de cette horrible journée : c'est au maréchal Macdonald que la France devra demander compte un jour de la mort de dix mille de nos braves soldats, de quinze mille prisonniers, de quarante pièces de canon perdues. Le maréchal Macdonald commandait, dans
en Russie, à Montmirail, aux portêi de Reims. Nommé inspecteur général de la cavalerie par la Restauration, mort à Epinay en juillet 1835. (0. S.) (1)- Célèbre bataille de Hanau, livrée le 30 octobre 1813. (O. 8.) « (2) Saint-Germain (comte de), général de brigade le 10 mai 1807, général de division après Essling, se couvre de gloire en Russie, puis dans la cain« pagne de 1813, surtout à Hanau, puis à Vaurhamps en 1814, nommé par la Restauration inspecteur général de la cavalerie. (O. S.)
celle falale journée, les 3; 5* el !!• corps, et, en oulre, le corps de cavalerie placé sous les ordres du malheureux Sébasliâni» S'il m'élait permis d'accuser ce maréchal de tout autre reproche que celui d'incurie, ce serait une grande satisfaction pour mon cœur encore ulcéré de ces tristes souvenirs, mais nos lois, qui ont muselé la vérité, m'imposent le plus dur silence.
Toutefois, la conduite du maréchal Macdonald dans la journée du 26 août 1813 a été jugée par l'histoire, et les milliers de braves revenus miraculeusement, comme moi, des défilés dans lesquels il nous avait engagés et abandonnés, ne me démentiront pas.
Le maréchal Macdonald n'est pas le seul des maréchaux et des généraux à qui la France pourrait un jour demander compte de leurs manœuvres des années 1813, 1814 et 1815. Que répondrait M. le maréchal Oudinot si on lui demandait l'explication de sa conduite à Barsur-Aube le 27 février 1814(1)? Les braves dragons des 4» et 16« régiments, ainsi que ceux de la division d'infanterie accourue en poste des Pyrénées pour nous secourir, seraient, ainsi que moi, les accusateurs de M. Oudinot; nous lui demanderions pourquoi il avait oublié son artillerie à Magny-le-Fouchard, etc. (2)? Honneur aux généraux de cette journée, honneur aux braves Gérard, Montfort,Pinotcau (3), duc de Valmy, Belair (4), Dommangel (5), Ismert (6)
(1) V. H. HoassAYB. 2814, p. 115 H suiv. (G. S.)
(2) V. ibid,, p. 116. (O. S.)
(8) Pinoteau (lo gémirai. d« brigade Pierre-Armand), baron de TEmpire, ancien chef de la 82* demi-brigade, destitué en Tan X pour avoir participé à la composition de libelles contre le Premier Consul; Il avait été en 1805 nommé à la Martinique. (0. S.)
(4) Lifçcr-Belair (le général de division Louis), baron de TEmpire. créé ▼icomie en 1819 et enfin comte en 1823; son nom est inscrit sur TArc de TEtoile. (O. S.)
(4) Dommanget (le général de brigade Jean-Baptiste), baron de TEmpire, général de cavalerie. Hon nom est inscrit sur TArc de TEtolle. (O. S.)
(6) Ismert (Pierre» baron), né à Tetting (Moselle), 20* mai 1768: Sert dans le régiment do Balis-Samade (infanterie suisse), du 3 octobre 1783 au 14 iuillot 1789. Entre à cette date dans la 0* compagnie de la garde nationale soldée de Paris. Lieutenant de cuirassiers à la légion germanique le 4 septembre 1792; capitaine le 12 mai 1793: chef d^escadrons au 11" hussards le l*' thermidor an VII: colonel du 2* dragons le 14 mai 1807; général de brigade.