‹ Mémoires du commandant Persat, 1806 à 1844Chapitre 11 sur 165 · CHAPITRE PREMIER II · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER II

et Exelmans (1) qui nous sauvèrent de Tincurie de M. Oudinot. M. le maréchal Victor aurait aussi une terrible confession à faire pour ses nombreuses incuries, lui qui, en 1814, aurait pu empoigner les empereurs de Russie, d'Autriche et le roi de Prusse, et qui les laissa se sauver!... Âugereau est mort, ainsi que sa mémoire; cependant, s*il arrivait un jour de récrimination nationale, les patriotes dauphinois et lyonnais n'auraient-ils pas le droit de jeter ses cendres dans le Rhône? Ah! ce ' fleuve les répousserait de ses bords ne les reconnaissant pas pour celles du héros d*ArcoIe, de Lodi, de Castiglione. Quant à Marmont, dont les torts ne sauraient être mis en doute, l'opinion publique en a fait bonne justice, malgré et en dépitdu chef de l'Etat qui lui porte un si vif intérêt. Les deux aides de camp de Marmont (2), signataires de sa défection de 1814, ont été également jugés par l'opinion publique exaltée et toute froissée encore des trahisons et des défections de 1814 et do 1815. Je serais tenté do continuer mes récriminations contre les hommes qui ont participé à nos désastres de cette époque, mais, malheureusement, cela me mènerait trop loin; d'ailleurs ils sont tous connus, et, pour s'assurer de leur identité, je conseille à mes lecteurs d'ouvrir les annuaires de 1838; ils y verront tous les transfuges de Gand à la tête du gouvernement, des ministères, de l'armée, des tribunaux, des préfectures et des administrations en général, depuis les geôliers jusqu'aux sergents de ville, tandis que les bravos qui escor-

8 février 1S13; décéda à Arengosse,- près Mont-do-Marsan, lo 29 septembre 1826. Commandait le département des Landes pendant les Cent Jours; il fut mouchardé par le préfet à la seconde Restauration et admis à la retraite dès le 6 octobre 1815. Le duc d*Ani?oulôme dit de lui dans une note: « H 8*est bien conduit en mars et mal en Juillet. » (G. 8.)

(1) Le fameux général de cavalerie, né en 1775, mort d'une chute de cheval en 1852, général de brigade après Bylau.fait prisonnier en Espagne, 8*échappe d'Angleterre en 1811 trois ans après, général de. divi.<ûon en 18 12, se couvre de gloire en 1813 et 181'i. puis durant les Cent-Jourit, livre à Rocquencourt le dernier et glorieux combat de vingt-trois années de guerre, nommé en 1851 maréchal de France. (0. 8.)

(2). La Providence, qui est si capricieuse, avait décrété qu'un boulet arabe punirait l'un d'eux de sa coopération à la défection de Marmont; l'autre, rex-célèbre Fabvier, vit daas la retraite.

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térent jusque sur la rive gauche de la Loire leur drapeau mutilé par la mitraille et dont les débris glorieux faisaient encore trembler les rois» ont été» en partie, depuis 1830, mis à la réforme, destitués ou emprisonnés. Mais cela devait être ainsi, lorsqu'on 1830 nos niais politiques ont remplacé la branche aînée par la branche cadette; ainsi, patience, mes vieux camarades de TEmpire et du National, attendons avec persévérance un meilleur avenir; « tout vient à point à qui sait attendre! »

Dans nos grandes guerres de la République et de l'Empire, les armes d'honneur et les croix ne se donnaient pas à la faveur, ainsi que je Tai déjà dit, et les grades se donnaient presque toujours à Tancienneté aux escadrons de guerre. Quelques colonels avaient bien des créatures dans leurs régiments; le colonel Deschamps (1) avait les siennes; toutefois, je n'eus pas à me plaindre de ce vieil officier des armées d'Italie, etc.; j'avais fait les deux dernières campagnes sous ses ordres, depuis le passage du Niémen, juin 1812, jusqu'à la bataille d'Hanau, 30 octobre 1813, sans quitter les escadrons de guerre, ce qui m'avait valu le grade de lieutenant dans mon régiment, et cette croix chérie qui était alors la véritable croix de la Légion d'honneur. Certes, ce n'était pas trop pour dix-huit mois de combats continuclsl Qu'en pensez- vous, messieurs les officiers de la branche aînée et de la branche cadette? vous qui n'avez eu qu'à* parader sur la place, du Carrousel pour obtenir votre croix de Henri IV et vos grades de général, colonel, chef d'escadron, elc!

(1) Deschamps (le colonel Jean-Louis-Charles-Ouénon, baron), né à Briquebec (Manche), le 8 février 1767, chasseur au 11*. régiment do chasseurs à cheval le 22 Juin 1787; passe par tous les grarlcs et devient sous-lieutenant au corps le 11 août 1793: aide de camp de Marceau, \f* brumaire an IV; adjoint à TadjUdant général Pautet, 14 frimaire an VI; aide de camp du général Ix>ison. I^*' niv4se an IX; attaché successivement à l'état-major du général Victor (29 fructidor an X) et de Marmont (11 pluviôse an XII); chef d'escadrons au 12^ chasseurs (11 thermidor an XIl); major du l**" chasseurs (20 février 1807), puis du 27* (12 juillet 1809); enfin colonel du 4« régiment de chevau-légers, dnJ4 octobre 1811 à 181'». Ne fut pas général. Etait officier de la I.éçion d*honneur, 28 juin 1813. (O.S.)

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